Cloud Nothings (+ The Soft Moon) – Live på Fotografiska.

 

Samedi dernier, soirée spéciale au musée de la photo de Stockholm (Fotografiska Museum) qui accueillait un concert, ou plutôt deux en l’occurrence, puisque Cloud Nothings et The Soft Moon devaient se partager la soirée. Il faut avouer qu’on venait surtout pour Cloud Nothings dont on a soit vraiment aimé, soit carrément adoré l’album en ce qui me concerne (à lire ici).

Quelques mots sur le Fotografiska Museum, qui en vaut la peine. Remarquable musée, qui trône tel un paquebot sur les berges de Södermalm (l’une des nombreuses îles de Stockholm – “l’île hipster”). Il se trouve donc que le bâtiment comporte également une salle qui peut être aménagée en concert hall et dont le son contrairement à ce qu’on pourrait croire est tout à fait correct. Ambiance très arty et très hype (musée de la photo+Södermalm oblige), projection de vidéo à 270° pendant les lives, fauteuils moelleux et déco minimaliste (prix de la bière bien moins minimaliste… comme on est pauvre on a pris un sprite).

Dans l’ordre c’était Cloud Nothings puis The Soft Moon mais au final les deux lives sont sensiblement de la même longueur, une grosse heure. Première chose remarquable, Cloud Nothings n’a qu’un LP Attack on Memory, il fait 38 minutes et le groupe n’a joué que des chansons de cet album. On aurait donc pu s’attendre à un live énergique, intense mais court, il n’en a rien été… il en a été beaucoup plus en réalité. Le principal enseignement de ce live est qu’il faut ABSOLUMENT écouter Cloud Nothings et encore mieux les voir en concert, parce que ce groupe a déjà tout d’un grand malgré l’allure adolescente de ses membres. Deux guitares, une basse, une batterie (simplissime: grosse caisse, caisse claire, tom basse, deux cymbales).

Un seul album? Qu’importe! Jouons les 10 titres, ils sont tous bons. L’introduction du premier titre (No Future No Past) donne le ton d’emblée, guitares saturées, brouhaha génial. Scotché par tant d’énergie, le public ne sait pas trop quoi penser, hésite entre génie immature et… bruit. Les titres s’enchaînent sans pause ou presque pour ne pas perdre une miette de cette puissance incroyable que le groupe irradie. C’est binaire, c’est basique mais c’est foutrement brillant.

Le batteur est sur une autre planète, tape sur son instrument à en crever, au rythme de la mitraillette. Le chanteur crache ses textes avec rage et le guitariste tient le tout d’une main de maître. C’est grandiose mais ce n’est que le début. Au bout d’une quarantaine de minutes, le leader annonce la dernière chanson, Wasted Days, le concert ne fait que commencer en réalité. La chanson de 9 minutes devient une démonstration délirante de plus de 25 minutes, sans interruption. Les spectateurs se regardent d’un oeil un peu incrédule : ces gars ont quelque chose en plus. Le batteur épuisé par le solo interminable de son guitariste en lâche ses baguettes, le bassiste les yeux fermés en transe, le chanteur/guitariste bricolant son ampli. Magistral.

The Soft Moon? On repassera, de la New Wave monotone au possible. Transcendant par moment, lassant assez rapidement. Enfin, vous avez compris ce qu’il fallait retenir de la soirée…