Le paradis est accessible.

Il suffit parfois de publier un excellent album pour sortir de l’injuste anonymat dont souffrent certains groupes. Les exemples qui illustrent ce phénomène sont assez fréquents et le plus évident est celui de The National, groupe ô combien discret qui avait pourtant bien occupé le devant de la scène indé avec la parution du fantastique High Violet il y a deux ans. On ne peut qu’espérer que le Heaven des Walkmen soit l’équivalent.

Depuis 10 ans, les New Yorkais sortent avec une régularité incroyable des albums de plus en plus aboutis et ce Heaven pourrait bien être leur meilleur. Heaven synthétise parfaitement toutes les obsessions du groupe avec une simplicité désarmante. On y trouve comme toujours une guitare incisive, une batterie insistante et une voix sur le fil qui sait pourtant se faire puissante quand il faut.

Il semble difficile d’imaginer un groupe plus américain que les Walkmen. Toutes les références qui viennent en tête à l’écoute du disque sont autant de groupes qui reflètent différentes facettes de la musique américaine depuis 60 ans. On pense tour à tour au folk pastoral des Fleet Foxes (facile le chanteur participe au titre We Can’t Be Beat), au blues un peu rugueux des Cold War Kids (c’était avant leur dernier album bien trop écoeurant), aux guitares tranchantes très 70s des Strokes (la magnifique The Love You Love) et à la surf-pop rayonnante et pointilleuse des Shins. Mais loin d’être un remplacement de seconde zone à tous ces monuments musicaux, Heaven est un disque à part, la dernière pierre à l’édifice d’un groupe qui rigole doucement quand on lui parle de maturité musicale.

Un peu déçu par tous les derniers albums de groupes sus-mentionnés, me voici donc grandement satisfait à l’écoute de ce fantastique album, qui s’accorde en plus vachement bien avec l’été qui arrive doucement.