Tramp, une douce claque.

Auparavant toujours un peu réticent à l’idée d’écouter des albums à la voix féminine, j’ai totalement changé d’opinion ces derniers temps, et je suis ravi par pas mal de choses dont j’ai déjà parlé dans ces pages (Memory House, Mint Julep, Frankie Rose, Chromatics…). Voilà donc que Sharon Van Etten vient s’ajouter à cette fameuse liste.

Cette native du New Jersey délivre un album rempli d’une grâce fragile. Une pop folk assez mélancolique, une voix tout à fait charmante, des morceaux pleins de délicatesse, voilà à quoi ressemble Tramp. Dès les premiers riffs de guitare de Warsaw (étrangement très Radiohead-like), on se doute que cet album a quelque chose. On sent l’influence de The NationalTramp ayant été produit par Aaron Dessner. Aussi celle de Beirut: Zach Condon prête son charme balkanique et son ukulele sur We Are Fine et Magic Words. 

Entre ritournelle nostalgique (Give Out), longue scie (Serpents), complainte bluesy (Kevin’s) ou passages plus grandiloquants (I’m Wrong), Sharon Van Etten est tantôt grave tantôt pleine d’une légèreté charmante. “We all make mistakes” dit-elle sur la très réussie All I Can, cette album n’en comporte pas beaucoup.