Un thé chez les 50 Miles From Vancouver.

Aimés des Transmusicales, les 50 Miles From Vancouver ont depuis un petit moment retenu notre attention. On a failli faire un reportage sur le quotidien des groupes après avoir monté des courses, mis un vinyle de Nas et s’être fait un thé. Rencontre avec Maxime (chant, guitare) et Xavier (batterie, dodo).

JNSPUF! : Hello Maxime ! Alors, est-ce que tu peux me présenter les autres membres du groupe, et me dire pourquoi ils seraient indispensables ?

Maxime: Salut JNSPUF ! Les membres du groupes alors on a Xavier qui dort qui fait de la batterie quand il dort pas. C’est Florent qui fait de la guitare, avec moi qui fait de la guitare aussi. Il y a également Pierre-Marie qui fait de la basse et du clavier en même temps, enfin… il alterne basse et clavier. Au chant on a moi et Florent. Pourquoi ils sont indispensables mmh… je pense pas qu’ils soient indispensables, personne n’est indispensable. On s’est retrouvés comme ça parce que c’est cool et que ça marche mais ça aurait pu être avec d’autres, il y aurait eu des trucs biens et des trucs moins biens.

JNSPUF! : Comment s’est formé le groupe au tout début ?

Maxime : À la base on est deux, c’est Florent et moi qui sommes les deux chanteurs, 50 Miles From Vancouver était un duo au début en fait. Nous n’étions que tous les deux avec une boîte à rythmes, deux guitares… les programmations c’était de la batterie et du clavier sur un iPod ! Nous sommes quatre depuis  un an et demi peut-être, mais Florent et moi on se connaît parce qu’on a joué dans un groupe avant celui-ci, avec des copains du Finistère ! On est venus à Rennes pour faire nos études. (Petite interlude sur nos origines communes, ndlr) Donc voilà on a commencé à faire nos groupes de jeunes puceaux écervellés à quatre dans le Finistère. Après il y a eu un membre à partir en Erasmus, puis il est revenu et c’est le batteur qui a finalement dû partir, etc. On a toujours eu à s’arranger avec des départs puis on s’est retrouvés à trois, c’était pas mal. Ça commençait à sonner shoegaze sur les bords. Après on s’est retrouvés à deux, c’était encore un peu plus affirmé, ce style qu’on a maintenant. Enfin Xavier et Pierre-Marie sont venus nous rejoindre !

JNSPUF! : Vous jouez sur quoi comme matériel ? Au niveau des guitares par exemples pour toi qui est guitariste ?

Maxime : Les guitares avant on jouait beaucoup sur des demies-caisses, modernes et qui donnaient un côté assez adapté pour le shoegaze et tout ça, assez sixties. Là on a investi, enfin ce ne sont pas de gros investissements parce que ça vaut rien mais dans des vieilles guitares des années 60, un peu pourries tu sais…

JNSPUF! : Oui beaucoup de groupes pensent comme ça, le côté vintage qui sonne mieux…

Maxime : Ouais, moi j’ai une Kay, je sais pas si ça te dira grand chose. Florent quant à lui a une Decca japonaise des années 60 quoi, Pierre-Marie il a un Farfisa donc un orgue très typé garage qui date de 68. La batterie je pourrais pas te dire, il y a quelques trucs qui sont assez vieux aussi. Mais on fait pas non plus une fixation sur le vieux matériel, “c’est vieux ça sonne mieux” c’est pas faux mais c’est pas pour autant qu’avec des instruments modernes tu peux pas faire des trucs biens quand même. Longtemps on a joué sur du moderne et ça marche aussi. En vrai, si on joue sur de l’ancien c’est plus parce que ça m’a pas coûté cher que parce que c’est trop bien que ça soit vieux tu vois ! Mais c’est aussi vrai que ce soit vachement bien que ce soit vieux, il y a un truc.

JNSPUF! : Comment se déroule la composition de vos morceaux ? Il y a un procédé qui est en place ?

Maxime : Avant on composait tous les deux Florent et moi, quasiment 50/50 et moi j’ai arrêté un peu de composer parce que je suis pas très bon. Chacun a un peu son rôle, Florent compose beaucoup, il écrit beaucoup de chansons il s’amuse avec sa carte son. Il a un logiciel de musique et puis il fait des compos dans sa chambre, quasiment une par semaine. Parfois c’est plus parfois c’est moins mais il sort des trucs vraiment cools régulièrement ; je suis pas très fort en compositions mais du coup j’aime bien arranger, travailler les structures des morceaux, des trucs comme ça. Ça c’était au début. On joue chacun dans d’autres groupes, on a du monde dans Splashwave ou encore Sudden Death of Stars, tout le monde a un peu 36 groupes. À l’heure actuelle c’est Florent qui compose la majorité des choses. Désormais on a une douzaine de chansons, une partie vient de l’époque où nous étions encore deux. Tous les autres sont nouveaux, travaillés à quatre mais qui sont toujours nés d’une base amenée par Florent. Souvent on se retrouve avec des blocs mal dégrossis : des riffs qui durent trop longtemps, etc. mais c’est lui qui trouve souvent les mélodies de voix, de guitares.

JNSPUF! : Les morceaux ensuite vous les enregistrez comment ? Vous allez en studio ou c’est fait à la maison ?

Maxime : Longtemps on a fait ça à la maison vu qu’on avait juste des voix et des guitares, le clavier et la batterie c’était en MIDI il n’y avait rien à ressortir, on a des espèces de démos mais qui sont assez propres – moins on a de choses à enregistrer et plus c’est facile de faire sonner ça proprement. Puis en février on est allés enregistrer à 4 dans le studio des Bikini Machine, le lieu où ont enregistré les Spadassins des copains qui font du mod 60’s. Le chanteur a un studio sur bandes analogiques, arrivés là-bas on a enregistré 4 morceaux tous ensemble pour la première fois.

JNSPUF! : Vous avez une sortie de prévue ?

Maxime: Normalement on devait sortir un 45t mais ça ne se fait parce que ça plaît pas tant que ça à la personne avec qui on était en contact. On a eu quelques soucis donc ça se fera pas avec cette personne. Nous cherchons d’autres labels, des pistes se présentent mais rien de sûr pour encore. Des mecs aiment bien dans quelques labels mais ils sont pas les seuls décisionnaires, il faut demander à d’autres gens. Nous avons donc quatre chansons et on aimerait bien en sortir deux sur un 45t, on pensait que ça allait se faire là actuellement, nos morceaux sont en attente.

JNSPUF! : On sent une petite ambiance 60’s, surf dans vos compos… vous avez des influences principales ? Vos groupes préférés ?

Maxime : Crocodiles a longtemps été une référence pour nous, mais à l’époque où ils étaient encore deux. Ils étaient là avec une boîte à rythmes et c’est ça qui nous a un peu donné envie de nous lancer qu’à deux avec nos guitares et une machine. Pas forcément s’emmerder à prendre un batteur, on aimait cette formule sans batterie. Un poum-chack super froid derrière, un truc à la Suicide. Ce qu’on fait c’est quand même moins menaçant que Crocodiles ! Sinon Beach Fossils beaucoup, Florent aime bien Beach House. Pierre-Marie c’est pas mal de pop indé fin 80 : Sarah Records, etc. il nous en parle beaucoup mais je connais pas très bien. Ça ressemble pas trop à ce qu’on fait mais pourquoi pas ! Pas mal les Television Personalities aussi mais gardons Beach Fossils comme principale influence.

JNSPUF! : Ces influences jouent beaucoup dans la compositions selon toi ?

Maxime : Pas vraiment, ça réside plus dans le fait de trouver des plans de guitare, des sortes de guirlandes qui s’emmêlent enfin des choses mélodiques à la guitare, des plans qui se répondent, etc. Toute l’ambiance est importante aussi, beaucoup de delay et surtout beaucoup de reverb sur la voix et la guitare. Ça vient sans doute de Beach Fossils, on aime bien que le son soit typé comme ça. C’est pour ça le surf rock et les 60’s… ça marche un peu mais pas tant que ça parce qu’on fait surtout du “rock” et que ce sont des chansons qui durent 3min avec un couplet / un refrain / un pont, ce sont des structures rock. Ça a autant à voir avec ça qu’avec les groupes pop indépendants de la fin des années 80 ou début 90. J’aime beaucoup la musique 60’s donc je me défends pas quand on dit ça mais c’est pas complètement vrai.

JNSPUF! : Vous avez joué aux Transmusicales en décembre dernier, vous en gardez un bon souvenir ? C’était cool ?

Maxime : C’était très bien ! Autant ça aurait pu être pas bien, même traumatisant, si tu te craques t’es pas très content. Les concerts ce sont des mois de préparation, et puis les Trans on t’en parle depuis l’été – c’est là qu’on a su qu’on jouerait aux Trans, on a fait la Tournée des Trans dans trois villes. Trois weekends de rang dans trois villes de Bretagne. La semaine suivante c’était à Rennes, donc on a eu le temps de se préparer ; on n’est pas arrivés comme ça. Jouer dans des salles de musiques actuelles, où les conditions sont les mêmes qu’aux Trans, des moyennes/grosses scènes un peu cool. Pour les Trans c’était bien, on était super stressés mais les gens ont aimé. Nous ne nous sommes pas ratatinés comme des merdes ! Ça aurait été atroce, que tu puisses pas repenser à un tel évènement sans te dire “olala on a trop mal joué…” ce serait horrible. Donc on a plutôt bien joué on était contents ! C’est cool.

JNSPUF! : Au début c’était pas trop dur de trouver des dates ?

Maxime : Ça va, à Rennes c’est surtout le Sambre (qui connaît actuellement des problèmes, ndlr), La Paillotte, le Pop In à Paris, des trucs à Brest, des trucs à la Carène, etc. c’était pas très dur mais on n’a jamais trop cherché. Depuis qu’on est quatre on cherche davantages de dates. On en cherche plus, on en fait plus et on en trouve plus. C’est une dynamique. Chercher des concerts, trouver et garder des contacts, ça va de plus en plus vite. Tout le monde se connaît et tu sais vite où c’est cool et où c’est pas cool de jouer. Le plus dur c’est de coordonner le tout et de mettre les dates en relations pour créer des tournées. Ça arrive aussi qu’on nous propose, la majorité des plans qu’on a eus ce sont des propositions. C’est une suite de hasards.

JSNPUF! : Vous avez joué avec Étienne Jaumet aussi récemment ?

Maxime : C’était que moi tout seul, pas tout le groupe. La Carène a envoyé un mail aux groupes locaux dans le style – même si c’est large – de ce que joue Étienne Jaumet, une veine pop et musiques indépendantes. Il y a eu Mnemotechnic, Im Takt, Satellite Jockey et No Pilot. Les groupes pouvaient venir au complet mais ça aurait pas trop marché. Trois jours de répés puis on était huit sur scène avec lui. Trois guitares, une basse, deux batteries et Jaumet il a cinq claviers. On l’a tous rejoint à la fin pour quatre chansons ensemble. Une chanson d’Im Takt, une chanson de Satellite Jockey et deux interprétations d’Étienne Jaumet. C’était super cool ! (Xavier revient de sa petite sieste).

JNSPUF! : Tu connais un peu les Im Takt ?

Maxime: Nan, enfin je les connaissais pas très bien, comme ça de nom… ils ont joué après nous aux Trans. Je les ai bien rencontrés et ils sont vraiment sympa.

JNSPUF! : Dans quel état d’esprit vous abordez la scène ? Plutôt dans l’optique de faire un set super calé ou de s’éclater ?

Maxime : Ni l’un ni l’autre. Notre musique est très “cathédrale” et n’est pas faite pour être très percutante même si elle peut l’être parfois. C’est pas de la pop/rock très FM. Du coup c’est important de laisser place au ressenti, et de s’éclater, mais si le son est pas top, ou pas concentré, ça peut rendre vraiment moyen. Beaucoup de paramètres rentrent en compte au final.

JNSPUF! : Il y a maintenant des personnes avec qui vous avez envie de travailler ?

Maxime : On rêve de jouer avec Steve Albini ahah, nan c’est une blague. On pense pas trop à ça.

JNSPUF! : Petit mot pour la fin, vous avez pas un truc à nous conseiller ?

Xavier : Je dirais juste que j’ai très mal aux dents ahah… à Rennes, très classique, le 13 juin il y a le Brian Jonestown Massacre je pense que quand on écoute du rock faut pas louper ça. Sinon en truc français cool il y a le disque de Blind Digital Citizen qui sort bientôt.

Maxime : Les Walkmen à la Route Du Rock, ils se font très très rares.

Xavier : Il y a aussi en France les White Fangs,  Shiva & The Dead Men, Le Pêcheur… une explosion de groupes de mecs qui onentre 20 et 30 ans et c’est très chouette.