Delta plane.

Creuset musical fascinant, l’art-pop reste un genre à double tranchant, oscillant constamment entre flou artistique et véritable coup de génie. Loin pourtant de la prétention autocentrée, la troïka 2012 de l’innovation musicale a su convaincre au delà du cercle des initiés acquis à la cause de projets parfois bancals. Après vous avoir parlé de Django Django et de Breton, voici donc la dernière mutation du genre, les Anglais d’Alt-J. Leur premier album An Awesome Wave trace sa voie unique en empruntant toutefois les chemins de traverse cinématographique que Breton a su utiliser avec beaucoup de talent également.

Faisant constamment le lien entre musique et image, Alt-J crée un univers cohérent qui lui est propre. Aussi sinueux que fragmentés, les titres s’appuient sur une rythmique hip-hop pour amonceler harmonies fragiles et puissantes (Interlude I), guitares en cascade (Intro), et pianos délicats (Something Good). Des basses saturées se frayent un chemin (Fitzpleasure) et des détours mènent parfois le groupe sur la voie de l’afropop (Dissolve Me) ou de la folk plus apaisée (Interlude II, Matilda).

Une voix versatile, nasale, parfois soul et groovy à souhait complète un disque bien construit qu’on écoute et ré-écoute sans peine. Un album à la beauté hypnotique, surprenante et subtile. Que demander de plus ?

(+1 ou -1 selon leur live à la Route du Rock dont on vous reparlera sans doute)