Faire re-danser les filles (et les autres).

Le premier album très attendu des Londoniens de Citizens! vient de paraître. Here We Are, déclaration d’intention plutôt sobre.

Quand on sait que les Londoniens sont signés chez Kitsuné et qu’ils sont produits par Alex Kapranos, on ne s’étonne guère de les voir louer la belle et grande pop et d’en faire leur horizon musical. Et à JNSPUF!, peu importe qu’elle soit enregistrée avec les pieds ou surproduite, voire même qu’elle trouve l’équilibre parfait entre les deux comme ce premier album, on aime.

Ce qui distingue avant tout Citizens! c’est la recherche de nuances qui habite le disque. Les titres sont certes de très bons et beaux hymnes à la danse et à la pop mais aussi et surtout des chansons nuancées très appréciables. Il eut été extrêmement simple de pondre 11 titres rentre-dedans et faciles, les Citizens! ne se laissent pas prendre au piège et poussent leur pop vers des retranchements surprenant au mieux, étranges parfois. Porté par des singles addictifs et inusables (True Romance et Reptile, chanson de l’année à n’en pas douter), le disque aligne de très belles compositions qui redonne ses lettres de noblesse aux claviers en les dissociant des années 80 dans lesquelles ils ont eu tendance à rester enfermés ces derniers temps.

On retiendra les autres tubes que sont CarolineShe Said ainsi que Nobody’s Fool, titre de pop minimaliste très proche de The Whitest Boy Alive et I Wouldn’t Want To à l’envolée très Franz Ferdinand. La voix fluette de Tom Burke rappelle assez souvent les inflexions du chanteur de Hot Chip, mais c’est en crooner délicat que le chant reste le plus efficace et sert le mieux les mélodies ciselées du groupe. Petite déception en fin d’album, Know Yourself se fait moins convaincante.

J’aurais donc tendance à penser que ce que Nitsuh Abebe de Pitchfork avait décrit (à tort) à propos du deuxième album de Franz Ferdinand (comme quoi nos écossais préférés seraient doués dans la confection d’album à tubes au sens honorable du terme et moins dans la conception d’albums comme entités indivisibles) se traduit plus dans la production d’un disque comme celui-ci. D’où une légère impression d’éparpillement à l’écoute de Here We Are, toutefois peu gênante car sous-tendant un vrai travail autour de la pop-music. Et si la pop est simplement donnée, elle n’est jamais acquise pour autant, un constat simple que les Citizens! soulignent habilement.