Les Pillow Pilots : dans les oreillers de Nantes.

De passage à Nantes pour quelques jours, on m’a conseillé un groupe : les Pillow Pilots. Nom évocateur, musique sous morphine, on me dit que je vais aimer : j’accepte. Ce sera l’une des interviews les plus cool jusqu’à présent, le rendez-vous est fixé à la terrasse d’un bar près du célèbre éléphant de Nantes : on sera TOUS en retard. Le concert quant à lui était vraiment surprenant, j’ai beaucoup aimé. Ça m’a rappellé les Kills, c’est dire. Ou plutôt l’effet qu’ils me font. Un incident manquera de ruiner le concert, une pédale casse. Que diable, on continue. The Eternal de Joy Division sera reprise et sublimée par ce duo qu’il me tarde de revoir. Il y avait très longtemps que je n’avais pas apprécié un concert de cette façon, j’ai même aimé une reprise. Merci les Pillow Pilots.

Salut les Pillow Pilots !

JC (batterie) : Salut !

JF : Hello !

Vous pouvez vous décrire l’un l’autre et dire pourquoi vous seriez indispensables ?

JC : Ah ! La première chose avec JF c’est qu’il écrit les chansons, et c’est lui qui les chante. On a beau être un groupe de rock au départ ce sont des folk songs. JF avait un autre batteur et avait créé un duo, et quand le batteur est parti je suis arrivé. Puis on a changé de nom parce que je jouais différemment, puis les folk songs sont devenus plus nerveux et plus dynamiques. L’ossature du projet c’est vraiment JF. Il est aussi essentiel au niveau de la prog, c’est lui qui se met derrière les vieux synthés.

JF : JC c’est le batteur, après il joue dans pas mal de projets et intervient beaucoup sur les structures des morceaux. Il sert beaucoup le groupe, notamment au niveau des programmations électroniques. On essaie de marier le chaud et le froid.

Pour la composition des morceaux ça se passe comment ?

JC : En général il y a un petit début de programmation rythmique, puis couplet / refrain, etc. Puis on tourne le truc, ensuite c’est généralement la batterie qui va créer la surprise, nous surprendre nous-même, la direction arrive avec elle. Comme JF écrit pas mal, on aime bien composer à deux !

Le groupe qui vous influencerait le plus ?

JC : Ah c’est dur ça ! Hier on avait des interviews en radio et à un moment on s’est dit qu’on avait oublié un groupe. En fait ça résume bien parce qu’il y a tous les éléments : The Cure. Ça nous réunit pas mal, à part la nervosité et encore ça se discute. Après c’est difficile de se réunir autour d’un nom.

JF : Le Velvet Underground ! Pour l’aspect esthétique des choses, les rythmes martiaux et pop à la fois. Mais oui The Cure aussi, j’ai hésité…

Tu abordes ton jeu de batterie d’une oreille martiale, répétitive ?

JC : En fait j’essaie de garder ces côtés là, et ensuite de faire un truc chaud. Assez ouvert, assez rock 70’s. Dans mon histoire j’ai étudié un peu les rythmes africains, afro-cubains… je vais vachement chercher le tom basse, m’appuyer dessus pour avoir une respiration de la batterie.

Ça fait deux choses assez opposées au final ? Entre ton jeu comme ça, le Drop D de la guitare, etc ?

JC : Oui, mais très complémentaires du coup ! Après JF aime bien le psyché, les sons abrasifs, distordus. On a pas toujours nos rôles prédéfinis. On peut parfois obtenir un alliage assez impromptu mais ce sera complémentaire.

Comment vous abordez la question des lives ? Vous vous lâchez ?

JC : Bien sûr c’est stressant. L’un comme l’autre on est deux gros traqueux (rires) mais alors vraiment. Mais c’est la magie du live, ce trac il faut l’apprivoiser et le transformer en énergie. JF trac pas mal, c’est quelqu’un de nature, un peu réservé. En scène devant les gens, il faut un petit temps pour prendre le dessus sur tout ça.

Vous improvisez en concert ? Vous pouvez par rapport aux progs ?

JC : Il y a tout le côté réglé des machines, mais dedans tout est possible. On peut se planter on est humains, faut juste réagir vite. Par exemple on a un morceau où on se donne de l’air, un gros solo pour danser un slow sans programmations. On fait ce qu’on veut, on arrive pas à le contraindre, du coup si on faisait de la musique sans machine on serait bien ennuyés (rires). On reste assez écrits golabalement.

Ton groupe préféré le plus naze ? Un plaisir honteux ? Moi je suis fan de Rihanna.

JC : Rihanna c’est pas mal ! Mais j’ai du mal à dire que mes groupes préférés sont nazes. J’adore un titre qui se veut naze, mais il est tellement naze qu’il en devient bien, c’est Da Da Da mais je sais plus de quel groupe ! Cherche la vidéo c’est à tomber par terre tellement elle est drôle.

JF : (tac-o-tac) Aerosmith. Mmh… les gens trouvent ça naze parce que c’est un peu kitsch, mais moi j’aime beaucoup Aerosmith, les gens me raillent quand je dis que j’aime bien ce groupe. J’aime pas ce qu’ils font maintenant, mais avant ouais c’était super.

La meilleure question que tu aies eue en interview, c’était quoi ?

JC : (Rires) La tienne à l’instant !

JF : Il n’y a pas de question qui m’ait vraiment marqué en fait !

Pas trop stressés d’ouvrir pour Tristesse Contemporaine ce soir ?

JC : Ça va ! Ça va venir, mais je sens que c’est une journée bizarre, je suis hyper concentré. Ce sera pas facile, autant notre set ça fait un an qu’on le joue, autant là il est tout neuf. Le programmateur nous a proposé cette première partie, c’est important d’avoir ce point d’ancrage au Stéréolux à Nantes.

Un petit mot pour la fin ! Si t’avais un truc à dire à Jim Morrison tu lui dirais quoi ?

JC : T’avais bien raison de te griller la vie comme tu le faisais !

JF : T’aurais mieux fait de te faire incinérer, t’as vu l’état de ta tombe !

JC : C’est vrai que la tombe est assez drôle.