Para One : le cador est revenu avec Passion.

Des années qu’on l’attendait et qu’il nous étiolait des sons ça et là. Co-fondateur du label Marble, producteur entre autres de Birdy Nam Nam et Micky Green, membre des Marble Players, Para One est également un petit vidéaste accompli et ce tueur que l’on connaît en live. Élevé à l’âge d’or du rap français, nous avons ici  l’un des artistes les plus complets de la scène électronique, sans aucun doute l’un des plus intéressants.

La pépite sort le 18 juin, mais je crois que ces petits chanceux de japonais l’ont déjà (ce monde est cruel, n’est-il pas ?). La passion prend vie dès l’ouverture du disque qui semble se faire à contre-pied, comme un poids à perdre : Ice Cold. Passé ce froid, c’est le déluge, l’album est universel et risque de toucher le monde entier. Les tracks s’enchaînent : When The Night (feat. Jaw), Love Ave, You, The Talking Drums et c’est le même plaisir qui revient à chaque fois. You, cette composition est peut-être le signe de la puissance de Para One, son emprise devient totale et n’a plus pour adversaire que son effacement et sa modestie. Track qui sera également mis en relief vidéo par le Club Cheval. Il explique même un petit peu ses démarches ici :

Vous pensiez que c’était tout ? Que c’était fini ? Empire ne vous laissera pas vous en aller aussi facilement, le down-tempo comme piège final. À mes yeux la subtilité vient d’atteindre un nouveau sommet et l’évolution vient de se remettre en marche d’un coup de baguette magique. I like to remember things my own way. La technique et la maîtrise du musicien ne sont pas là pour éblouir, mais bien pour servir des émotions.

Un disque accouché dans la douleur ? Non, mais la motivation et le courage pour en arriver à le composer ont semble-t-il été mis à rude épreuve ; une idée difficile à concevoir dans la fraicheur de cet épisode. D’ailleurs, il en évoque déjà deux autres. Ce disque n’est pas une synthèse à mes yeux, ce n’est pas un résumé mais un aboutissement, un point de chute. Para One nous attaque sur tous les fronts avec chaque fois plus d’intensité : c’est donc ça la passion ?