Are you Alive?

Comme on n’aime pas se reposer pendant les vacances, on a fait plein de festivals (et c’est pas fini), on a goûté à l’Optimus Alive à Lisbonne mi-juillet, attirés principalement par Radiohead, un pass festival+camping à moins de 150€ et pis aussi parce qui’il fait beau là-bas! Certains membres de la rédaction préfèrent la pluie normande de Beauregard… Choix on ne peut plus respectable.

Malheureusement, je me suis fait voler mes places (aussi ma carte d’identité et mon téléphone) chez les gentils voisins espagnols la veille et du coup j’ai tout loupé, pas de vol Madrid-Lisbonne sans ID, pas de festival, pas de Radiohead… C’est ce que je me suis dis pendant 10 minutes et après 36h de Pékin Express, je suis arrivé à Lisbonne à coups de bus de nuit, consulats de France, commissariats et autres petits plaisirs imprévus… parce que pour Jonny et Thom, on soulèverait la Sierra Nevada.

Après une heure de négociation l’organisation du festival à bien voulu croire à mon histoire de places volées et on est allé planter la tente, tout frétillant d’excitation. On avait pas prévu l’attente d’une bonne heure pour obtenir le passe 3 jours (gros problème logistique quand il s’agit de récupérer le bracelet dans l’enceinte du festival, trois guichets, 30 000 personnes, normal…). Y’avait Snow Patrol en fond, du coup, c’est passé encore plus LENTEMENT… On se faufile dans la foule pour être bien placé pour les Stone Roses, l’attraction de la soirée. C’était tout de même assez historique de voir le groupe mythique de Manchessstaa (accent du nord de l’Angleterre remarquablement retranscrit). Beaucoup de bons moments, une ambiance nostalgique très sympa, un public de tous les âges. Mais le tout reste un peu mou du genou, parce qu’on peut pas y faire grand chose: Ian Brown à 50 ans avec son baggy et sa veste Adidas c’est moins rock que Ian Brown à 25 ans avec son baggy et sa vesta Adidas. Mais entendre Waterfall live c’était vachement cool et John Squire à la guitare est assez extraordinaire. La soirée se clôturait par un live de Justice. Très déçu par leur concert de Stockholm en début d’année (où j’avais passé plus de temps occupé à ne pas me faire piétiner qu’à écouter le set) j’étais un peu méfiant mais cette fois, ambiance de festival, sur-puissant, un peu hagards vers 2h du matin, on en prend tout de même plein la face, drôlement efficace! Après dodo.

À la vue de la lineup on imaginait le festival construit comme un grand crescendo, chaque jour surpassant largement le précédent, ça a été le cas: deux jours d’introduction pour se mettre dans l’ambiance et enfin le jour J. La dernière fois qu’on a vu les beaux et gentils gendres idéaux de Noah and the Whale c’était à l’Ubu de Rennes, il y a déjà deux ans déjà devant environ 100 fois moins de personnes… C’est toujours aussi léger et grave à la fois, charmant et harmonieux. Pas tout à fait l’archétype du groupe de festival, mais très convaincant quand le soleil commence à se coucher. Il a d’ailleurs fini de se coucher au son de The Antlers, pas exactement non plus un groupe de plein-air, ils ont réussi à rendre leurs compos pour la plupart lentes et mélancoliques davantage post-rock, entêtantes et glaçantes. Florence & The Machine étaient enrhumés donc Morcheeba a joué les pompiers de service, toujours un peu difficile mais on a bien aimé Otherwise and The Sea. The Cure devait être le clou du spectacle, au courant de la durée des lives-marathon des Anglais, on avait réservé notre plage horaire 00h00-3h00… On est pas des super-fans de la bande à Robert Smith mais à l’image de The Stone Roses, c’est tout de même mythique et d’ailleurs le concert donne envie de se replonger dans la discographie pléthorique du groupe. Un petit bémol: les titres les plus connus sont noyés dans une masse de morceaux assez obscures, même pour les connaisseurs. On a craqué au bout de deux heures, avant le rappel, il était 2h30 du matin, James Murphy jouait son set en fond, ça avait l’air bien mais grosse journée le lendemain…

Dimanche c’était le d-Day! The Kooks, Caribou, Radiohead, SBTRKT, The Kills et Metronomy s’enchaînent sans break, ça promettait. “Ooh Laaaa” dès l’entrée sur le site, ça sentait bon la soirée parfaite. Radiohead emmène Caribou dans sa hotte en ce moment, c’est avec un plaisir coupable qu’on loupait The Maccabees pour privilégier le Canadien et commencer à se placer sur la grande scène… Parfaite introduction aux maîtres que l’électro atmosphérique et transcendante de Dan Snaith, l’excitation montait.

RADIOHEAD

Que dire, que dire, à part que les Anglais ont joué une fois de plus un live extraordinaire. Celui qui a été déçu par The King of Limbs réviserait son jugement après l’impressionnante réinterprétation, déconstruction, explicitation des morceaux du dernier album. La part belle est donnée à TKOL et In Rainbows dont les morceaux en live sont parfaits. Plutôt que de se reposer sur leurs lauriers et d’égrener les tubes de OK Computer et The Bends (pas de Karma Police, Fake Plastic Trees ou No Surprises), Radiohead réussit à créer une sorte de grand-messe  hypnotique. Thom Yorke est possédé et danse à son habitude, Jonny Greenwood à la tête baissée sur sa guitare, Ed O’brien exulte… Les deux batteries, de Selway mais aussi du pigiste de luxe Clive Deamer (Portishead) mettent le public en transe. Après Exit Music et There There, bluffantes en fin de set, les Anglais reviennent pour le tryptique mythique Paranoid AndroidEverything In Its Right Place et Idioteque et conclure le tout par un Street Spirit apaisé (seule chanson de the Bends jouée!). Magistral.

Le plus incroyable avec cette journée c’est que ça ne faisait presque que commencer, encore la tête toute pleine de Street Spirit, on a couru voir la fin de SBTRKT, on n’avait pas manquer Wildfire, tout était parfait. On se remettait de toutes ces émotions en écoutant d’une oreille The Kills (d’autres en parleront mieux que moi…). Presque blasés, on se préparait pour Metronomy qui commencent à jouer à plus de 03h00, étonnés comme nous par la foule de courageux (et du coup totalement fan)  qui se pressent devant la scène. Classique, propre, dansant, parfait pour finir cette journée en beautée quelque part vers 04h30 du matin…

 

Un beau festival, on reviendra.

 

SETLIST
Bloom
15 Steps
Morning Mr. Magpie
Staircase
Weird Fishes/Arpeggi
The Gloaming
Separator
Pyramid Song
I Might Be Wrong
Climbing Up the Walls
Nude
Exit Music (for a Film)
Lotus Flower
There There
Feral
Bodysnatchers
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Give Up the Ghost
Reckoner
Lucky
Paranoid Android
Everything In Its Right Place (with The One I Love intro)
Idioteque
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Street Spirit (Fade Out)