Beauregard Day 1 : The Good Ones (et les autres)

Comme chaque année depuis sa création, JNSPUF! était de retour dans sa patrie d’origine à l’occasion de Beauregard, le festival normand entré dans la légende de par sa programmation souvent excellente mais également par son foisonnement gastronomique auquel tout amateur de pop musique se doit également d’être sensible. Et si ce festival auquel nous sommes habitués depuis 4 ans déjà avait commencé plutôt fort les premières années, on était assez loin d’imaginer qu’il en viendrait à programmer des têtes d’affiches de cette envergure. Du coup on était franchement contents d’en être encore cette année. On vous raconte.

Day 1

The Lanskies

A force de les croiser à toutes les éditions, on devient forcément un peu blasé, mais pour qui ne connaîtrait toujours pas leur “hot wave” qui traverse la Manche à coup de rythmiques sautillantes et guitares nerveuses, on recommande fortement.

Killing Joke

Si l’édition précédente avait été riche en vieux groupes tendance rock de barbus (ZZ Top et Mötorhead) ou trip hop stylé (Archive), l’année 2012 aura été également assez fournie à ce niveau là (ex aequo avec les chanteurs français à texte qui squattaient littéralement tous les jours du festival) avec un trio plus confidentiel que l’année passée constitué de Killing Joke, Tindersticks et Death In Vegas. Un concert vraiment bien qui rappelle que le rock gothique et théâtral de The Horrors leur doit beaucoup. Et quand le maître des potions post-punk ressort la formule secrète, c’est l’occasion pour Cassius de ramener sa science.

Le point c’est pas sorcier de Cassius

” – Mais alors Cassius, pourquoi Killing Joke c’est bien ?

– C’est une très bonne question Marion. Comme déjà expliqué rapidement sur ce même blog, le rock des années 80 c’est quand même quelque chose de vraiment singulier et intéressant. Killing Joke est un groupe qui s’est construit autour d’un post-punk tribal qui n’est sans doute pas du goût de tout le monde, car il tisse des liens entre le dit post-punk et le métal industriel, ce qui reste assez hors du commun. Sortir ce genre de musique de sa niche dans lequel il est toujours enfermé aujourd’hui reste un succès vraiment inédit à mon avis (succès auquel doivent beaucoup de groupes comme Nirvana ou Metallica). De leur débuts agressifs et pratiquement métal jusqu’à leur plein embrasement du kitsch new-wave (le tube 80s absolu Love Like Blood), leur discographie reste extrêmement riche et intéressante à mon avis.”

Selah Sue

Selah Sue, c’est la chouille. On est allé chercher des gobelets consignés quoi.

Dionysos

On dira ce qu’on voudra, un groupe qui dure aussi longtemps sans changer un seul membre, qui arrive à retourner une scène systématiquement, qui n’a pas peur de mouiller sa chemise et qui enchaîne les albums concepts sans perdre en cohérence, ça force le respect. Jamie Hince des Kills qui a regardé tout le concert depuis les coulisses et a fait un gros câlin à Matthias Malzieux à la fin avait l’air d’accord avec nous. En plus, on ne savait même pas que Jamie Hince pouvait faire des gros câlins.

Shakaponk

On a du mal à savoir quoi penser du concert de Shakaponk. A la base, le côté electro-rock 90s assorti d’un univers retro-Waïkiki nous semblait plutôt sympathique et on attendait donc de les voir sur scène pour se faire une idée plus précise de la chose. On se retrouve au final devant quelque chose qui manque un peu de sincérité (oui ils transpirent mais on dirait plus qu’ils font du sport qu’un concert), et à part quelques tubes (Sex Ball et French Touch Puta Madre), la performance n’était pas très convaincante. Dommage pour un groupe de scène.

The Kills

Déjà croisé à la Route du Rock l’été dernier dans des conditions plutôt humides, le concert des Kills, pourtant loin d’être mauvais, nous avait quand même laissé un peu sur notre fin. Cette fois ci, alors que le groupe a livré une prestation quasi similaire (y compris pour la setlist), le résultat a enfin comblé nos attentes. Va savoir pourquoi, cette fois ci, la tension scénique et sexuelle entre Alison Mosshart et Jamie Hince qu’on imagine avoir été celle des premières années du groupe était de retour. C’était vraiment très bien, peut être aussi parce qu’on a fini par apprendre à aimer leur dernier album.

Metronomy

Après on a été triste parce qu’on voulait voir Hot Chip (et leur dernier album très très bien), mais qu’ils n’ont pas pu venir. Du coup, on a attendu devant la scène A pour voir Metronomy, comme 90% du festival. Et comme pour leur concert à l’Antipode qui nous avait beaucoup beaucoup plu, le dernier concert du vendredi a clos la journée en beauté. On n’arrive pas à faire le deuil de leur singularité créative des premiers albums, mais il faut reconnaître que faire danser autant de gens sur de la musique aussi bonne est une mission d’utilité publique. 

Photos de Gaëlle Evellin

Day 2 coming soon !