Beauregard Day 2 : Bleue Basse Normandie.

Jusque là on y croyait, méprisants les prévisions météo france et les prédictions des jaloux qui n’y allaient pas, allant pour certains d’entre nous jusqu’à porter des chaussures en toile. Après 3 éditions radieuses, 2012 fut donc l’année de la pluie et de la BOUE à Beauregard. Cet ingrédient magique a pimenté le week-end et a finalement eu des conséquences plutôt amusantes sur l’ambiance du festival. Et même si la programmation du samedi n’était pas la plus enthousiasmante, on a quand même drôlement rigolé (sauf peut être pendant les Tindersticks, BO de la fin du monde/averse qui dure et qui dure et qui dure).

Day 2

On a peu loupé ce début de journée, on a une bonne excuse : on devait rencontrer le Messie Sébastien Tellier. Un Messie qui arrive à la bourre, tout trempé. On vous en reparlera bien vite, mais on peut déjà dire que l’homme est sacrément folichon.

Kaiser Chiefs

Pour feu la pelouse de Beauregard, le début de la fin a été le concert de Kaiser Chiefs (‘Kaiser ! Chief !’). Un membre du groupe qui ressemble à un Beatles (coucou le batteur), un membre du groupe qui ressemble à un frère Gallagher (coucou le guitariste),  et un chanteur roux tout rouge qui saute partout, grimpe aux rideaux, et arrive à lancer puis rattraper son micro (même avec deux essais et beaucoup d’alcool dans le sang). Ajoutez une fixette sur les instruments débiles de type tambourin et cloche à vache et la panoplie est complète. A défaut d’écrire la pop song parfaite, Kaiser Chief aura réussi à devenir le pop group parfait. On a beaucoup aimé et beaucoup sauté, bougé, dansé et chanté des refrains-onomatopées (Nananana).

Tindersticks

Comme évoqué précédemment, ce concert a correspondu avec le déluge, ce qui n’a pas facilité l’appréciation des morceaux minimalistes et plutôt sombres de la troupe de Nottingham. On aurait vraiment souhaité pouvoir profiter de leur musique très cinématographique, mais à un moment il a quand même fallu se mettre à l’abri.

Heureusement Jean-Louis Aubert est arrivé sans se presser accompagné d’une éclaircie, et a pu faire danser le festival à nouveau sur un medley de reprises et chansons de Téléphone. Et si on est loin de se passionner pour ses chansons solos franchement molles, il est assez difficile de résister aux tubes de Téléphone, surtout mélangés à des reprises de Led Zeppelin ou des Rolling Stones, et encore plus quand les chaussures flop flop réclament des petits sauts de cabri pour sécher. Un live carré comme un petit pré dans lequel on a gambadé joyeusement.

Puis messe donc avec Sébastien Tellier. Ca commence très fort avec lumières (bleues) et écrans (bleus). Il a même amené sa plus belle guitare électrique (bleue donc) pour nous jouer sa pop dionysiaque. Un problème de son fait un peu déraper le show théâtral au moment de sa montée en puissance inaugurale. “Dommage, c’était le meilleur moment du spectacle” commente le barbu, blasé. En vrai le meilleur moment a duré trois quart d’heures. Celui qui nous disait plus tôt en conférence de presse n’aimer que les album concepts “sinon j’ai l’impression d’écouter une compil” semble avoir soigneusement préparé le show. Pas de place à l’impro mais un live très travaillé ou les chansons s’enchaînent sans à-coups. On en sort content et cotonneux, avec les compliments de l’Alliance bleue.

Ce n’est pas une surprise mais Gossip, c’était mieux avant. Comme le laissait présager leur dernier album, il y a moins de sueur et plus de paillettes que par le passé. Ce qui nous plaisait beaucoup avec la bande à Dito c’était le précaire équilibre entre leur coté cracra punk et leur fascination pour la pop commerciale. Et plus ça va, plus ils penchent du mauvais coté de la force. Moins intéressants mais toujours efficaces : on leur souhaite un prompt rétablissement.

Gros DJ set qui tache des Bloody Beetroots pour finir la journée en beauté. Lessivés, lobotomisés, dégageant une odeur nauséabonde et encroutés dans la boue jusqu’aux genoux, nous n’avons pas su analyser avec précision ce qu’il s’est passé. Ces types sont des vrais furieux et ça fait du bien.

 Photos de G. Evellin, G. Boisnel et C. Lemaire