Gesaffelstein : Bromance #4 en nocturne.

Le label Bromance Records va vite. Après un troisième EP déroutant entre le Club Cheval et Brodinski, voici que Gesaffelstein s’accapare implicitement le nouveau Bromance, tout seul et avec pas mal de classe. On connaît le speech : l’homme  impose une fois de plus sa griffe un peu sombre, malsaine, relativement froide et toujours violente ; c’est glauque. Bien que l’EP ne soit pas très original ou surprenant en soi et qu’il n’y ait pas de perle comme OPR, il reste très efficace. L’artiste s’impose et possède son propre style, c’est déjà ça. C’est surtout ça en fait.

Le premier des deux tracks est gentillement intitulé Depravity, et il faut dire que le DJ a un certain talent à nommer ses morceaux – souvenez-vous du morceau Viol – et à créer des atmosphères sans pour autant tomber dans de la musique d’ascenceur. Le morceau se déroule simplement, pas de gros sursaut mais des montées prenantes. Écouter Depravity en rentrant chez soi dans un état peu catholique alors que la nuit est déjà bien avancée, testé et approuvé : tu peux vraiment te faire peur.

Le second est quelque part plus sensé, plus travaillé et moins accessible. Belgium, peut-être un petit clin d’oeil à la scène techno belge, sait-on jamais. Le track semble presque original au sein de la musique de Gesaffelstein. J’apprécie les deux titres et j’aime la touche de l’artiste mais je pense sincèrement que c’est dommage de ne pas attaquer le terrain de l’originalité. Apporter la nouveauté est réellement nécessaire, en live nous pourrons réellement voir ce qu’il en retourne. Les conditions doivent être réunies pour apprécier une telle musique.

Il est certain qu’un musicien confirmé n’y verra que des répétitions sans grande mesure risquée mais l’histoire ne se joue probablement pas à ce niveau. Viol était oppressant, le pari de transmettre des émotions était gagné d’avance. Un Bromance #4 qui n’est pas en demi-teinte mais pas non plus transcendantal. Si Gesaffelstein se décide à sortir de sa zone de confort, on va vraiment s’éclater. Nous pouvons toujours rêver de théâtre sans décor ou de collaborations surprenantes, rendez-vous en août et septembre.