Une internationale de Quentin Schneider.

Quentin Schneider, que dire de lui ? Quimpérois apprenant à mixer sur le tard, il fait désormais partie intégrante de pas mal de soirées. J’avais eu l’occasion de questionner son ami Cabos San Lucas (qui nous avait offert la première mixtape JNSPUF d’une longue série) et nous poserons encore des questions à d’autres de ses copains, plus tard. Au delà de la démarche musicale s’ajoute une réelle envie artistique : promouvoir des artistes. Il joue et fait jouer les autres en quelques sortes, via l’association Social Afterwork (avec Cabos San Lucas, F . E . M et Djoh Dellinger). Assez de blabla, passons aux questions et à la mixtape qu’il nous a servi !

Hello Quentin, t’as la forme ?

Hello Jérémy, ça va plutôt bien ! Je rentre juste de Bordeaux où j’ai joué au Respublica avec mon copain F.e.m. C’était vraiment cool ! Et toi, la forme ?

Ça va très bien merci ! Tu es DJ, aussi bien sur vinyle que sur cd, comment en es-tu arrivé là ?

J’ai commencé à mixer sur un controleur hercules. Je m’étais dit que ce serait cool d’avoir ça pour les soirées ou même pour m’amuser avec les tracks que j’avais. Et puis, j’en ai eu vite marre notamment à cause de ce fameux bouton « sinc » donc je suis passé sur CD. J’ai joué moins d’un an sur CD avant de passer aux vinyles. Pourquoi ? je saurais pas vraiment te dire… Le toucher peut être ? Le côté « old school » ? Maintenant c’est clair que c’est juste une question de toucher et d’envie. Aujourd’hui quand je joue, si je peux jouer sur vinyles, je le fais ! En général, pendant mes sets, je varie entre le time code et le vinyle… Car malheureusement, toutes les tracks ne sortent pas sur ce support et puis, ça coute cher !

Est-ce tu as grandi dans l’univers de la musique électronique ?

Pas du tout… Plutot pop rock, variété française et internationale. Je m’y suis intéressé seul il y a 3 ou 4 ans seulement et aujourd’hui, je n’écoute pour ainsi dire plus que ça.

Comment est-ce que tu conçois tes remixes (podcasts ?) ? Sur une envie passagère comme ton ami Cabos San Lucas ?

Quand je fais un podcast, c’est d’abord parce que j’en ai vraiment envie. C’est quelque chose que je travaille pas mal en général, car quand tu joues devant du monde, tu sais quelle track tu vas jouer parce que tu vois les personnes danser (ou pas !) devant toi et tu peux ressentir ce qu’ils veulent. Quand tu fais un podcast, tu te les imagines… Donc je teste des choses qu’en « live » je ferai pas forcément, plusieurs fois si ça va pas, jusque ce soit vraiment cool pour moi. Je ne supporte pas de proposer quelque chose de pas fini ou baclé !

Je ne sais pas pourquoi, mais on sent quelque chose de très américain dans ta façon de mixer. Il y a des artistes particuliers qui t’influencent ?

Le premier qui m’a vraiment influencé… C’est Rocha (Romain Charton). Pourquoi ? Parce que c’est le premier que j’ai vu mixer et avec qui j’ai fait mes premières soirées… D’ailleurs certains de nos amis en commun nous appellent : le maître et l’apprenti ! On a fait de très belles choses ensemble comme les soirées Plebeiades au Colisée à Nantes. Sinon, je suis toujours super attentif à la façon de mixer de chacun et je pense que chaque DJ m’influence à sa manière… J’ai aussi eu la chance de jouer et de discuter avec des DJs reconnus et talentueux, et j’en rencontre encore. Mais bizarrement, très peu sont américains ! HAHA

Passons aux choses sérieuses ! Tu es désormais sélectionné pour Astropolis cet été à Brest, quel effet ça fait de faire partie de ce line up ?

J’ai dit des choses sérieuses avant hein, faut pas croire ! Quand j’ai appris la nouvelle… Je sautais partout ! C’est juste incroyable ! Je m’y attendais pas du tout en fait. J’ai participé au tremplin sans vraiment grandes convictions et en fait, ben ça l’a fait ! D’ailleurs, on m’a poussé à y participer et vraiment… MERCI ! (Et elles se reconnaitront) En plus, le toit de la Carène le jeudi soir pour l’ouverture du festival, c’est juste un super spot ! Je pouvais pas rêver mieux, vraiment… D’ailleurs, t’as intérêt de venir ! haha

J’aime assez Madben, j’irai le voir un jour. J’ai aperçu un track d’Oxia dans une de tes mixtapes, et bientôt tu partages la scène avec lui. Tu n’as pas peur de casser le mythe des artistes que tu aimes ? Imaginons qu’il ne soit pas cool du tout par exemple.

Oui bien vu ! « Harmonie » est la première track dans le podcast pour l’émission la Rue Du Disque de Pedro Datana et l’indémodable « Whole Life » pour le podcast Summer tape #2 de Young Consumer. Non pas du tout. En fait, je ne me construis pas d’image autour d’un artiste tant que je ne le rencontre pas. J’écoute et je juge ce qu’il fait, ce qu’il produit avant tout. Bien sur, si c’était un mec pas cool je serai déçu mais j’aime beaucoup ce que fait Oxia et je suis vraiment content de jouer sur le toit de la Carène avec lui… En plus, il y a une super ambiance aux astrococktails donc ça va être un super moment, pas de raison qu’il ne soit pas aussi cool que les autres !

J’ai appris que tu faisais partie de l’organisation Social Afterwork qui vient de souffler sa première bougie, tu peux nous en dire un peu plus ? En quoi ça consiste exactement ?

L’association Social Afterwork est un collectif d’artistes qui partage la même passion pour la musique électronique. On est avant tout des potes qui veulent faire bouger les choses en organisant des soirées et en mettant en avant des DJs de la scène locale (bretonne). Pour le moment l’association se compose de 4 DJs : Cabos San Lucas que tu as déjà interviewé, F . e . m, Djoh Dellinger et moi même. On procède finalement un peu comme une agence de booking, sauf qu’on book que des potes et on fait les soirées qu’on aime… De toute façon, on n’est jamais mieux servi que par soit même ! Attendre que les choses se passent ne me plait pas, donc j’ai décidé de m’investir pleinement dans l’association et de faire de mon mieux pour les aider à avancer et à faire parler d’eux. D’ailleurs, Djoh monte plusieurs soirées cet été du coté du Quimper où il y invitera des guests bretons. Il fait un super boulot et ses soirées sont toujours folles. Sinon on organise une tournée pour la rentrée avec des dates sur Avignon, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Rennes, et d’autres encore qui se confirment… Un bon moyen pour faire parler de l’association et des artistes.

On se verra sans doute sur Rennes dans ce cas. Peut-on espérer un jour un mix spécial JNSPUF avec tous les DJs de Social Afterwork ? 

Back 4 back ? haha Faudrait voir ça avec les gars. Pour la soirée d’anniversaire à l’Afterwork Quimper, c’est ce qu’on a fait toute la soirée ! C’était vraiment cool et ça permet de découvrir l’univers des 4 DJs en même temps ! D’ailleurs, je pense que bientôt tu pourras même avoir un podcast avec uniquement des tracks des 4 artistes de l’asso dedans…

Tu restes un artiste assez jeune, tu arrives à concilier la musique et les études ?

J’ai toujours travaillé à côté de mes études depuis que j’ai 16 ans. Avant mon arrivé à Nantes, c’était difficile. Avoir un job le weekend, plus combiner à mes deux résidences (Noché le jeudi soir et Afterwork le vendredi), c’est vrai que je faisais le minimum en cours pour réussir mes années tout en ayant la possibilité de continuer dans la musique. Depuis que je suis arrivé à Nantes, j’ai laché mon travail pour pouvoir me consacrer un peu plus à la musique et l’organisation de soirées notamment. Aujourd’hui, je suis en stage au Colisée à Nantes où je m’occupe de la programmation et de la communication du club. Donc c’est plutôt simple aujourd’hui pour moi de concilier les deux… Héhé !

D’ailleurs, ça te plairait de gagner ta vie en tant que DJ ? Ça ne casserait pas ta démarche artistique de savoir que l’argent que tu gagnes en dépend ?

C’est pas une question que je me pose… Pour le moment c’est déjà super cool de pouvoir jouer où je vais, et j’espère que ça va continuer longtemps comme ça ! Après si je peux gagner de l’argent en faisant ça, ce serait cool mais c’est vraiment pas mon but premier… Par contre, bosser dans le milieu ne me déplairait pas du tout.

Voici la question la plus intéressante de l’interview : quel est le truc le plus naze que tu écoutes ? Le petit plaisir coupable.

Tu considères la BO des Walt Disney comme naze ? haha

J’aime bien les Disney c’est cool ! Si tu avais des conseils à filer… quelles sont les choses qu’il ne faut absolument pas faire lorsque tu débutes dans la musique électronique ?

– Ne pas se faire passer pour quelqu’un que l’on est pas.

– Le faire pour la musique et non pour l’argent ou les filles.

– Ne pas hésiter à aller vers les autres et discuter, apprendre de ces personnes…

– Et… SE FAIRE PLAISIR AVANT TOUT !

S’il y avait quelque chose à changer dans cette interview, ce serait ?

Cette question ?

Chanmé ! Merci beaucoup Quentin, tu fais désormais un peu partie de la famille JNSPUF !

Merci à toi surtout ! On fête ça bientôt… haha !

Photo © Marion Le Goff

Où ça ?
House Sensation #3 – Majestic Quimper – V. 13 juillet 2012
14 juillet Le QG à Saint Jean De Mont + After dans une paillote (44)
Concrete House – Chaumière-Bénodet/29
One Night with… Social Afterwork – Majestic Quimper – V. 27 juillet
Astropolis #18 – Brest – Toit de la Carene w/ OXIA 16 aout 2012-07-05
Avignon
À l’Antirouille à Montpellier with Hermine Records
Lost In The Groove #2 w/ Marst, Camille Rodriguez & Djoh Dellinger – V. 19 octobre 2012 – Colisée Nantes
Lost In The Groove #3 w/ Enola, DJ 66 ?, F . e . m & Cabos San Lucas – V. 23 novembre 2012 – Colisée Nantes