Route du Rock II : Breton en Bretagne.

Ce 2e jour de la Route du Rock n’offrait pas a priori de têtes d’affiches de folie digne de l’édition 2011, mais avait le mérite de proposer une programmation cohérente et alléchante, avec le grand retour de The XX, événement digne d’intérêt, et les excellents Breton, que nous aimons autant en CD qu’en live, c’est dire si on aime beaucoup leurs concerts.

Après vous avoir expliqué combien The Skies, le premier album d’Egyptology était cool, il aurait fallu qu’on puisse vous dire que leur live était à la hauteur, seulement voilà, 18h30 c’est encore un peu tôt, donc on espère les recroiser plus tard et pouvoir vous en parler.

On arrive tout juste pour Savages, mais à peine le temps de dessiner des choses étranges pour le prochain clip de Breton que leur concert se termine. Leur post-punk noir et viscéral nous a quand même semblé un peu brouillon, vu de loin.

La soirée débute vraiment pour nous avec Lower Dens, réjouissant groupe de Baltimore qui souffre (on a vu pire comme défaut) de comparaison avec Beach House, leur compatriote de dream-pop. Si la voix androgyne de la chanteuse n’est en effet pas sans rappeler celle de Victoria Legrand, il faut souligner que la musique de Lower Dens emprunte autant aux sonorités du post-punk qu’à la lenteur mélancolique de la dream-pop. Les compositions sont fines, minimales et tranchantes, beaucoup de choses subtiles très agréables à la tombée de la nuit.

Se retrouver propulsés têtes d’affiches de la soirée du samedi, ça a de quoi impressionner. Les XX l’ont sans doute été un peu, mais ils ont pourtant livré un concert d’exception, à mille kilomètres des balbutiements juvéniles de leur concert à Beauregard d’il y a quelques années. Tout y était, l’atmosphère nocturne et minimale, les jeux de lumières superbes, les nouveaux morceaux habilement introduits, les compositions souvent retravaillées (plus épurées encore que sur CD) voire remixées par un Jamie XX qui a su discrètement montrer ses capacités de DJ éclectique. Une ambiance particulière liée sans doute à la complicité incroyable des deux leaders qui se laissent littéralement la parole. Bref un vrai sans faute, surtout lorsque le public est aussi présent et réactif.

Sur la petite scène (la régie de la grande scène) jouait ensuite un ex-SDF reconverti bluesman, Willis Earl Beal. Pas franchement le genre de musique qui nous fascine plus que ça (le blues sans guitare cradingue ça perd un peu de son intérêt disons le), mais il faut noter que le monsieur avait l’air franchement très convaincu par ce qu’il faisait, ça donnait plutôt envie de rentrer dedans.

Mark Lanegan, le papa du rock du samedi (après Dominique A le vendredi) nous a joué son rock, cool, rugueux, caverneux et plein d’autres choses viriles, mais on était déjà dans l’attente du concert suivant.

Gros gros chouchous de JNSPUF! depuis leurs premiers EP, le collectif Breton était chargé de clore ce deuxième jour de festival. Remixeurs de talents, les Anglais se servent habilement de leurs séquenceurs pour assurer un live bien supérieur à celui des Transmusicales, concert qui nous avait pourtant déjà franchement plu. Mettant légèrement en retrait leurs guitares, ils mélangent toujours les genres avec autant de succès et sans autre prétention que celle de réaliser la pop song qui tue. Un excellent concert qui aura fait la part belle à tous les EPs (Ordnance Survey, December) ainsi qu’à quelques B-sides et nouveaux singles vraiment chouettes.

Photo de Gaëlle Evellin