Stockholm Syndrome

On avait beaucoup aimé l’album des Danois de Iceage l’année dernière. Basique: guitare, basse, batterie. Dans le même genre, ce sont leurs cousins scandinaves Holograms et leur album éponyme qui nous réjouissent aujourd’hui. Signés sur le label américain Captured Tracks, ils ont trouvé la recette gagnante: le mariage entre un punk brut de décoffrage et des accents new wave mancuniens très sombres. C’est pressé, jeune et brouillon, lo-fi à souhait. Les quatre jeunes-gens travaillent dans la même usine, ils sont plein d’une rage industrielle non-contenue assez jubilatoire.

Mais au-delà, c’est une certaine fragilité qui se dégage, ou plutôt une fêlure fiévreuse. Holograms, ce n’est pas que de l’énergie non-canalisée, c’est aussi une influence “curtisienne” évidente, malsaine, noire (écouter les excellentes City ABC et Memories of sweat). C’est ce qui donne sa complexité (sans aller jusqu’à parler de profondeur) au groupe de Stockholm. La basse tranchante, implacable, transforme ces titres plein d’urgence en hymnes menaçants. Des jeunes gens pour le moins tourmentés par les longs hivers suédois.