De l’enthousiasme débordant.

Quand vient la fin de l’été (oui comme dans la chanson de Laurent Voulzy), il vient forcément pour le compléter un bon gros moment de nostalgie. Pour y faire face, deux stratégies un peu différentes sont envisageables. Soit se pourrir complétement le mois de septembre et céder aux sirènes sacrément sombres de The XX (dont l’album mérite beaucoup, beaucoup d’éloges). Mais si septembre rime avec décembre, il peut quand même être plus agréable d’opter pour l’illusion de chaleur. Et c’est ainsi qu’on peut se prendre à rêver un peu de soleil grace à Here, nouvel album d’Eward Sharpe & The Magnetic Zeros.

Joyeuse bande sympathique, les Magnetic Zeros organisent pour vous le voyage spatio-temporel vers l’Amérique des années 70, période insouciante et agréable pour qui savait accorder sa guitare et se laisser pousser les cheveux. Ode à l’americana, au folk, au gospel, au surf, au blues et même au funk psychédélique, toutes les chansons de ce nouvel album célèbrent le bonheur et la nostalgie d’une époque riche en banjos, didgeridoos, marimba et autres instruments de bons gros hippies.

Du single rédempteur et radieux Man On Fire à la conclusion All Wash Out, on apprécie les basses rondes et enveloppantes de Fiya Wata ainsi que les mélodies pleines de verve et d’élégance de One Love to Another et de Dear Believer. Loin d’une esthétique platement copiée et du cliché faussement poseur, les Magnetic Zeros adoptent la même passion et le même enthousiasme débordant qui caractérisait les seventies. Ici pour eux, c’est surtout là bas.