F . e . m : la pile.

Après avoir vu et écouté dans nos rangs ses copains Cabos San Lucas et Quentin Schneider, voici qu’on rencontre le troisième : F. e . m. Le DJ est déjà bien rôdé et fait quelques tours de France pour exporter sa musique et ses mixes. Il a 20 ans dans les pattes et méritait sa place ici. Il vient de me dire qu’il était désormais installé à Rennes, on aura l’occasion de se recroiser assez souvent.

Rencontre avec un garçon très sympathique, tellement qu’il nous, que dis-je, qu’il vous a concocté une belle mixtape d’une heure. C’est du live et c’est spécialement pour JNSPUF!, bisous !

Salut Simon ! Alors comment ça t’est venu de te mettre à la musique électronique ? Tu faisais déjà de la musique avant ? 

Hey salut Jim !  Alors pour moi, ça fait 5/6 ans que j’écoute de l’electro et à tout casser 2 ans que je suis sorti de ma piaule. Je faisais partie, il y a maintenant 5 ans d’un groupe de rock funky avec mes potes de lycée et puis, au fur et à mesure, je voulais bosser de plus en plus seul. Alors, comme tout bon débutant, j’ai téléchargé le Virtual Dj Demo sur mon PC ! Au début je faisais des petits mixes de mes tracks préférés que j’écoutais le matin dans le car pour aller au lycée !
Quand j’y repense, j’avais simplement la flemme de changer de musique et l’envie de finir tranquillement ma nuit dans le car ! Voila comment ça a commencé ahah !
La musique électronique faisait partie de ton univers musical ou tu ne l’as découvert que tard ?
Pas du tout en fait, J’ai passé mon adolescence à écouter beaucoup de rock : du Blankass, du Noir Désir et beaucoup de reggae/ska. Le déclic est venu en 2005 aux Vieilles Charrues où j’ai découvert Mr Laurent Garnier ! Je ne savais pas qu’on pouvait s’amuser comme cela avec des machines. Puis, par la suite, je suis tombé sur Hilight Tribe : 4 mecs qui jouent techno/trance” avec de vrais instruments… C’était pour moi révolutionnaire ! J’ai eu donc plusieurs étapes avant de venir à la house. Je suis passé par l’electro trash que j’appelle maintenant “la turbine” car pour moi ça se rapprochait le plus de l’énergie que dégage le rock. Et puis j’ai rencontré Quentin Schneider à l’époque NafNaf ! Je crois que je n’ai pas compris sur le moment mais son set de la fête de la musique m’a retourné le bidet. C’est ce jour-là que j’ai vraiment capté ce qu’était la musique électronique.

On a parlé de conception de lives/podcasts avec tes amis Cabos San Lucas et Quentin Schneider, comment ça se passe de ton côté ?
Je conçois les 2 différemment. Le live, j’y vais un peu au culot. J’utilise mes tracks phares et je brode autour. Ensuite, je vois comment réagissent les gens en face ! J’ai pas encore trop eu l’occasion de faire de gros set de 5 ou 6 heures mais c’est encore différent : ça se construit plus dans l’endurance. Pour ce qui est des podcasts, je me mets en face de mon mur sauf que je m’imagine des gens assis dans leurs canapés ou dans leur voitures ! Comme dit Derrick May, il faut sentir l’air autour de toi. Et cela même si il n’y a personne en face de toi. Par contre, le podcast que je t’ai envoyé est différent !
Pour ce qui est de mettre en place tes propres tracks, comment tu vois les choses ?
Et bien c’est un peu le même délire : j’aime bien les “happy vibes”, taper du pied, avoir le sourire et en même temps rajouter une touche un peu sexy et cosy ! Je pense que c’est ma marque de fabrique. Je pars un peu sur le même principe, j’essai de faire des compositions qui soient facile à jouer, j’essaie vrament de les adapter au live. Je suis un hyperactif, ça se ressent au final ! Au niveau de la composition, j’accentue énormément sur la structure et je mise sur mes 2 breaks à chaque fois. En ce moment, j’expérimente la techno. Mais, ce que j’aime, ce sont les airs joyeux et j’ai du mal à composer sur de la techno, mais ça va venir !
Le “Yes We Can” tu l’as piqué à Obama ? 

Hahaha si tu savais d’où m’est venue l’idée de faire cette track… A ce moment là, il y avait le débat Hollande/Sarkozy avec le fameux “Moi Président de la république”. Beaucoup de gens ont fait un remix de cette phrase et, à côté, je jouais beaucoup “Promise Land” de Madben. Je voulais créer quelque chose avec ma patte si tu veux. Je trouvais que Obama représentait très bien la “cool attitude” et l’esprit très fédérateur que je voulais exprimer. Seulement Mr Obama il est pas mort ! Je ne pouvais pas la vendre sur internet. Au final, pour mon premier EP en free download, je suis très content !

Tu nous as concocté un mix JNSPUF, comment est-ce que tu l’as imaginé ?
Du coup, comme je te disais, j’ai bossé différemment pour ce podcast. Je l’ai enregistré ce weekend pendant un live qui a d’ailleurs été énorme. De la tech-house avec des tracks du Corbo ou de Ian O’donovan qui sont des artistes que j’affectionne particulièrement et où je brode autour. Si tu veux, il représente vraiment ce que je fais et comme ça, tu sais à quoi t’attendre !
Le fait de faire partie de l’association Social Afterwork déjà décrite par Quentin Schneider la dernière fois est une aide essentielle pour toi ? Est-ce que tu fais des choses sans eux aussi ? 
C’est avant tout une bande de potes comme le dit Quentin. On partage la même passion pour la musique et ce que j’aime le plus ce sont les soirées où on mixe tout les 4. Et on a 4 styles différents; du coup, les soirées sont très meublées et progressent parfaitement au fur et à mesure. En effet, ça m’aide beaucoup car on a chacun nos contacts et ça triple la promotion des morceaux. Mais c’est avant tout une association où l’esprit d’équipe règne et, humainement, c’est tout benef.
Sinon, je joue aussi sans Social mais j’essaie de faire suivre tout de même l’association dans les biographies ou présentations des événements. En dehors de ça, je joue avec l’association Nights’In qui est géré par mon manager, Sylvain Bois, que je remercie au passage pour son soutien depuis le début. Comme il est basé sur Bordeaux, j’ai beaucoup de dates en Gironde dont une avec Madben, Mars-T et Quentin en Novembre à laquelle j’ai vraiment hâte de participer !
Il y a des artistes qui t’influencent plus que d’autres dans ta conception de la musique ? Certains que tu admires pour plusieurs raisons ? 
Et bien, justement, Mars-T et Madben sont très influents dans la conception de ma musique. Je suis un grand fan de Laurent Garnier et je trouve qu’ils ont très bien pris la relève. Ils arrivent à faire des tracks qui dans 5 ou 6 ans seront toujours au goût du jour tout comme le sont aujourd’hui “Crispy Bacon” ou “Man With A Red Face” ! Autrement, je m’inspire énormément de Christian Smith ou de Wehbba. Eux aussi sont très forts : plus “dancefloor” mais ils ont un rouleau compresseur qui m’impressionne, entre house et voyage. Je ne pouvais pas rêver mieux avec Christian Smith et Wehbba qui remixent Laurent Garnier. J’adore ! Après, je pense que les influences jouent beaucoup en fonction de tes humeurs et les personnes qui t’entourent…
Tu es comme tes copains de l’association, relativement jeune, tu arrives à te débrouiller entre la musique et les études ? Peut-être que tu souhaites en vivre ? 
Oui ! A 20 ans, on a encore toute la vie devant soi. Je ne me pose pas trop la question pour l’instant ; c’est un peu osé, mais on a qu’une vie ! Mais je compte rester dans le milieu de la musique car à côté, je fais des études d’ingénieur du son. Si tu veux, j’aimerais bosser à l’avenir dans la post production en studio. Aider les artistes de tout genre à assembler les pistes audio, faire des puzzles musicaux : c’est mon dada ! Mais, si la musique me permet de vivre, je ne ferais pas la fine bouche : vivre de sa passion, c’est le rêve ! Gardons la tête sur les épaules, il y a encore du boulot.
Tes meilleurs souvenirs en live, ce sont lesquels ?
J’ai 2 dates qui me viennent à l’esprit : Le Colisée à Nantes et Le Respublica à Bordeaux ! J’avais joué à peu près le même style de set, très funky et groovy. Je pense même que je dansais autant que les gens en face, tous les bras levés avec les “yeaaah ouuh !” de Régis aussi haha. C’est le genre de moments où tu n’as vraiment pas envie de lâcher les platines. Paradoxalement, quand j’ai joué au Queen ou aux Folies Pigalle, j’ai moins aimé. On était même partis en courant entre mes sets au Showcase pour voir Kerri Chandler.
Une question que j’aurais vraiment du te poser et à laquelle je n’ai pas pensé ? 
Aaaah !  Je sais, on me la pose tout le temps : Ca veux dire quoi F . e . m ? Alors, pour les passionnés de sciences physiques, c’est la force électromotrice d’une pile ! Et bah quoi ? Il existe bien AC/DC !
Comment ça va se passer pour la suite, tu as des projets ? 
Et bien, il y a un joli programme pour l’automne, de belles dates et de bonnes petites tracks qui vont sortir ! En particulier : au Château de Keriolet à Concarneau avec Julien Plaisir de France et un membre des Black Strobe ou encore le weekend Social Afterwork au Scop’Club à Paris avec Moggli et Yann & Tristan ! Bref, je vais pas m’ennuyer.
Un passage sur Rennes est prévu ? On aimerait bien danser avec toi en fait. 
Si tu savais, je viens d’emménager sur Rennes depuis début septembre donc il y en aura sûrement mais ce que je peux te dire c’est que je joue à la Paillote en plein Rue de la Soif le 30 Novembre ! Ca va être funky je pense.
Merci Simon, tu fais désormais un peu partie de la famille JNSPUF! et tu reviens nous faire un petit coucou quand tu veux ! À bientôt ! 
C’est moi qui te remercie ! Je te souhaite une très bonne continuation car il y a vraiment de la matière !
A très bientôt et bonne écoute !