Haut les mains !

L’histoire ressemble à s’y méprendre à un conte de fée. Il était une fois des Rémois fantastiques, capables de transformer des chansons bricolos chantées avec un accent anglais mal assuré, en pop sublime, habitée et illuminée de l’intérieur par un don pour les mélodies plutôt hallucinant. Ce joli conte s’intitulait Birds and Drums et nous avait beaucoup plu.

On les attendait donc au tournant. Quelques écoutes rapides ont suffi à s’en convaincre : les Bewitched Hands n’ont rien perdu de leur sens mélodique inouï, bien au contraire. Ils sont toujours présents à deux, trois, quatre, cinq ou six pour livrer ici 12 (bon disons 10) chansons exceptionnelles qui – sans manquer de cohérence  – dessinent chacune une facette différente de leur univers très référencé (50s are good). Là où Birds & Drums était soit très épique (Hard To Cry), soit très intense (Cold) avec quelques entre-deux plutôt restreints, l’éventail de Vampiric Way semble bien plus élargi. On retrouve de la pop épique (Words Can Let You Down) mais elle se teinte d’une nostalgie particulière. Boss joue du chorus pour créer une atmosphère mi-euphorique, mi-inquiétante, et complètement addictive. La production générale du disque se fait plus extensive, quelques synthés et influences disco se frayent un passage (Ah!ah!ah!ah! ou même l’excellente conclusion The laws of wall).

Mais le plus plaisant chez The Bewitched Hands au delà de ces considérations relativement superficielles, c’est bien souvent les mélodies formées par les couches de guitare ou les choeurs puissants. Ces mélodies savent accrocher l’auditeur à la première écoute et bien souvent au détour d’un chorus. Soit généralement lorsqu’on s’y attend le moins. Westminster, et son irrésistible “I try to forget” sont une bonne illustration mais She Bewitched Me pourrait également servir de parfait exemple.

Les Rémois méritent bel et bien la comparaison avec Arcade Fire, tant l’atmosphère générale du disque fait constamment hésiter entre espoir radieux et nostalgie désespérée. On garde l’album de côté, on aura bien besoin cet hiver.