Lou Doillon, nous t’avons entendu.

Lou Doillon chanteuse, on s’en était méfié comme de la peste. Des pas-chanteurs qui se lancent et se cassent les dents on n’en a vu que trop, des essais peu convaincants de Mélanie Laurent aux horreurs d’Élie Semoun. Forcément, je me suis dit qu’elle n’était pas musicienne, qu’il fallait prendre le disque avec des pincettes. Me suis-je trompé ?

Impossible de ne pas penser à sa demie-soeur, encore plus célèbre car fille du grand Gainsbourg qu’on ne présente plus : Charlotte. La comparaison est aussi tentante, les univers ne sont pas non plus diamétralement opposés, mais Lou Doillon place la barre un petit plus haut et avec quelques justesses, si bien que les minaudements de Charlotte Gainsbourg ne semblent pas peser bien lourd, même si Connan Mockasin est dans le coup. Lou ne tortille pas et ne fait pas semblant de chanter pour épuiser une fibre artistique reçue en héritage, elle attaque et d’ailleurs tire parfois un peu trop. Ce ne sera donc pas Charlotte For Ever, pas cette fois. Nous pouvons légitimement douter de son ascension dans la musique aussi, tant tout cela est galvaudé de parts en parts.

Elle sera donc aidée de l’ami de sa mère, qui sera le sien aussi tout au long de l’enregistrement : Étienne Daho. En accouchera un album qui ressemble à une soirée d’hiver à Paris avec des lumières chaudes qui se promènent. I.C.U n’est que le début. Prenez le train et aller donc à la capitale vous promener en écoutant  le morceau Places de la fin, le coup de coeur de ce disque. Je sais, entre les deux morceaux cités il y en a quelques uns mais il va m’en falloir mille fois plus pour accrocher totalement.

Je n’ai pas l’habitude de lire les chroniques de mes compères, mais comme le dit si bien Violaine Schütz dans Tsugi “elle n’a pas la moitié de son talent”. Je l’espère vraiment. L’album n’est pas mauvais et il va bientôt s’accomoder de la saison, peut-être qu’il n’est pas charmant non plus. On t’attend aux Trans et tu vas réellement devoir nous convaincre même si tu as l’air tout à fait sympathique, Lou. Si tu as voulu marcher sur les pas de Jane il te manquait peut-être le Gainsbourg, Charlotte a essayé d’avoir le sien. D’ailleurs, je ne suis pas certain qu’elle ait beaucoup plus réussi.