Perth l’oasis.

Perth est une ville coupée du monde géographiquement, mais à coup sûr un peu hors du temps également. En deux ans, les Tame Impala n’ont apparemment pas réussi à s’échapper du désert australien. Toujours coincés pour notre plus grand ravissement dans les 1960ies, ils triomphent, sous acide. Après une tournée mondiale pleine de maturité (voir ici) et malgré leur jeune âge, ils nous plongent à nouveau dans leur oasis de fraicheur complètement barrée.

 

Leur premier album réussissait avec brio à remonter cinquante ans en arrière (voir ici). Inspiré par une muse française, Paris a plutôt bien réussi à Kevin Parker puisqu’il fait encore mieux avec Lonerism, plus fou, plus planant. Le deuxième album des Australiens est une envolée permanente de flamants roses, rêvés, allongé dans les Tuileries les yeux à demi clos, un road-trip couleur sépia…

On retrouve les sonorités du premier opus avec des touches plus colorées, plus électroniques, aquatiques parfois. Des claviers bancals viennent rajouter un supplément magique au déferlement langoureusement funk du duo basse-batterie. Tout part d’une phrase basique qui vient nous cueillir comme une tornade réconfortante, à coup de digressions psychédéliques interminables. La voix à la Lennon de Parker se perd dans des nuages couleur ocre, derrière une muraille de nappes triomphantes qu’on ne leur connaissait pas.