Coline

Après Aline, voici Coline, premier album très attendu des Parisiens de Baden Baden. Déjà croisés à l’Ubu (on leur avait posé quelques questions ici), il tombe pile pour l’automne.

Quelle importance qu’un album tombe pile pour l’automne ? Eh bien parce que Coline, c’est avant tout un album de spleen léger et superbe qui ne fait pas mouche à tout les coups, mais qui lorsqu’il parvient à séduire, le fait avec une modestie désarmante. Cette beauté très fragile célèbre le bonheur d’être triste sur des compositions  qu’on imagine plutôt bien servir de bande-son à des vieilles cassettes de vacances en famille. C’est cette nostalgie qui illumine Evidemment, You’ll See ou même City Walls qui les rend irrésistibles.

Baden Baden est un groupe qui ne brûle pas les étapes et qui prend patiemment le temps de construire des morceaux d’une grande précision mélodique. Deux superbes titres 78 et Anyone étaient déjà parus sur leur premier EP, et on les retrouve ici avec grand plaisir.

Le plus fascinant chez Baden Baden c’est les détours que le groupe emprunte parfois pour aller du folk acoustique à la pop française (avec un côté touchant qui rappelle parfois François & The Atlas Mountains). Les orchestrations puissantes se font la part belle à certains endroits ainsi que des guitares shoegaze incroyables (Last Song, épique !) qui soulignent l’importance pas forcément instantanément identifiable de groupes comme Sonic Youth chez les Parisiens. Un univers particulier qu’on aime plus on écoute leur disque.