Lescop : de Manchester en avion de 1ère guerre

Celui qui faisait les premières parties de Blink 182 ou des Rakes a grandi. Mathieu Lescop mais le nom fut raccourci, la voix d’Asyl et une chanson d’Indochine, c’est plus incisif et moins personnel comme ça. Peu d’intérêt à parler d’étiquettes ici alors que les grands magazines parlent de cold-wave (les mêmes opportunistes qui tirent à boulets rouges sur Radiohead en concert et adulent Booba au même endroit, je ne vise personne bien évidemment) mais je parlerais d’influences. Ian Curtis ne s’est pas cassé en courant et ses petits de New Order peuvent s’en féliciter, Jacno dans sa touche la plus attaquante, un Darc échappé de Taxi Girl pour se taper un fix aux US et nous envoyer les sioux. On s’en fout un peu c’était il y a plus de 20 ans.

Lescop donc, un nom sorti de nulle part pour une musique déjà entendue mais bien plus singulière qu’avant. Hedi Slimane s’est chargé de l’artwork, simple au possible et épuré comme le serait l’univers Lescopien. Bien sûr on connaît déjà La Forêt mais pas celle de Joakim et on regrette Marlène, mais tout le reste était assez sombre, encore. Un disque rétro avec une voix rétro mais un peu en avance sur l’époque, comme savait le faire Bashung sans forcément être compris, personne n’a rien vu par chance.

Des morceaux qui sont plus froids que froids, Ljubljana est plus exotique et la 4 cordes tabasse. Dorothée de Koon s’installe sur Le Mal Mon Ange et je me surprends à vouloir jouer Un Rêve. Le pic est atteint pour Los Angeles : le climax à retenir. Le petit frenchie en verra des pays, c’est sûr, ça a déjà commencé. Le Vent finit d’anéantir, c’était une ballade cool mais il pleut encore et toujours, si on peut y aller et rentrer avec lui, ce n’est pas de refus.