One Ring to bring them all and in the darkness bind them…

Quand le temps des top2012 arrivera, je serai bien aise de pouvoir glisser un petit “(lire ici)” grâce à ce présent article. Car à coup sûr, les insaisissables Canadiens de Purity Ring et leur premier album Shrines seront dans le haut du panier. Retour sur l’une des perles de l’été dernier, injustement oublié dans ces pages.

 

 

Après avoir sorties quelques morceaux, au compte-gouttes, tout au long de l’année 2012, le groupe d’Edmonton réussit le pari de l’uniformité: 11 morceaux, 11 mots (Fineshrine, Crawlersout, Obedear, Lofticries…), lumineux. Uniformes tout en restant uniques, les titres de Shrines forment une succession de petites bombes enivrantes, de déflagrations réfrigérées. Un même son, une même logique froide et appliquée difficile à identifier: Trip-Hop, dubstep, RnB… sur lesquels se pose cette voix de petite fille ingénue et dérangeante mais tellement entêtante.

Ces comptines javellisées s’égrainent sur  fond d’air vicié, rythmes synthétiques, sous-marins ou agressifs. La voix porte toutes les mélodies, servie par une production minimale à la froideur toute nordique. Jaillissent de ces rythmes de grande profondeur des geysers éthérés, parfois atmosphériques, parfois agressifs, jamais colorés. Début et fin d’album sont irréels, après 38 minutes, quand la voix s’éteint, une seule envie, l’entendre encore, charmant et glaçant, à écouter en boucle.