Tommy Jacob : pleine lucarne

Ici ça parle de Bambounou et de Matthias Zimmermann. Entre quelques examens foirés nous avions fait une petite découverte sur le net il y a quelques semaines : Get It EP de Tommy Jacob. Ce nom ne vous dit peut-être rien mais ce jeune DJ parisien hyperactif sort quelques tracks à droite à gauche. Un grand et gros mélange soft de plusieurs influences bien digérées et des tentatives d’originalité, ce qui est assez rare ces temps-ci. On l’a contacté après quelques heures rivés sur nos écrans (sur la cover de Get It EP, d’accord…) et nos enceintes toutes noires, il nous a répondu immédiatement et il est cool. Bon fini le bla bla, on vous file son interview ! Et si vous êtes sages, il y aura peut-être un petit cadeau par la suite…

Yo Tommy ! Tu peux te présenter rapidement pour nous ?

Yo, Tommy Jacob, de son vrai nom Tommy Jacob (pas eu d’idées de nom de scène) 21 ans, producteur hyperactif vivant à Paris.

Tu te sens appartenir à un mouvement particulier dans la musique électronique d’aujourd’hui ?

Non pas vraiment… je ne pense pas m’être encore trouvé, j’évolue tout les jours à force de travailler et d’écouter des sons. J’essaye sans cesse de me démarquer en créant des tracks qui sortent de l’ordinaire mais il y aura toujours un coté hip hop, des grandes notes et surtout des samples de voix de meufs, c’est ce qui me fait kiffer.

Tes tracks, tu les conçois comment ? Quel est ton processus de composition ?

En vrai c’est plutot flippant, j’imagine à l’avance mon track dans ma tête et une fois que j’ai LA bonne idée, je fonce sur mon pc pour la produire. Je suis incapable de forcer les choses, m’asseoir devant mon pc et me dire “fais un track” est impossible pour moi, il faut d’abord que je l’ai dans la tête avant de pouvoir lui donner forme. Sinon je bosse sur Reason (logiciel de composition électronique, comme Ableton ou Traktor, ndlr), chelou ouais mais j’ai appris là dessus donc impossible de changer maintenant, j’aimerais passer sur Logic mais c’est un peu comme si tu te forçais à écrire de la mains gauche alors que tu es droitier, c’est long et moche. Quand je produis, je commence toujours par le beat, ensuite la basse, et j’y ajoute mes claviers. Pour les voix c’est encore assez spécial : je fous un acapela dans mon sampleur et j’avance au hasard. Je ne choisis pas quel passage, quel mot je vais mettre, je laisse le hasard faire les choses, et bien souvent sa donne le nom de mon track, donc totalement aléatoire. Si un jour je tombe sur une voix qui dit “Lionel Jospin” mais que l’intonation est bonne, je la garderais et mon track s’appellera Lionel Jospin haha ! J’ai bien du créer une centaines de tracks mais seulement une vingtaine sont sortis, je suis plutôt perfectionniste et mes gouts changent tellement vite que mes propres tracks me saoulent avant même d’être sortis.

Ce serait fabuleux pour Jospin ! Tu t’inspires de quelques artistes ? Tu as des influences fortes ?

Je m’inspire de ce que j’écoute sur l’instant, avec toujours comme objectif de créer quelque chose, donc oui je m’inspire mais je ne copie pas comme beaucoup d’autres “artistes”. J’essaye de détruire des rythmes, des mélodies, pour qu’à l’écoute les gens fassent “haaan ok ! c’est quoi ce truc? Jamais entendu un track pareil, c’est cool” ! Faire du French Fries c’est bien, mais tu ne réussiras à rien si tu fais déjà quelque chose qui existe : pour exister il faut innover ! Exemples types : Bambounou qui detruit absolument tout les codes de la musique, ou Matthias Zimmerman qui lui a créé son propre style !

Avec tous les artistes électro qui émergent de partout, sur plusieurs scènes ou genres et tout ce monde qui s’influence, penses-tu qu’on puisse encore être réellement original ?

C’est extrêmement dur au jour d’aujourd’hui de pouvoir dire “j’ai inventé quelque chose”. Il n’y a plus de frontières entre les différents genre de musique, tout se mélange… et internet ! Il suffit que tu “inventes” quelque chose de bon et que tu le poste sur Soundcloud pour qu’en moins de 24h il ait influencé des centaines de personnes qui vont copier le son et en sortir à leur tour des versions plus ou moins bonnes. Donc tu as beau “inventer” quelque chose, ça ne dure pas longtemps, et le mérite t’es vite retiré.

Tu peux nous passer un track d’un artiste que tu trouves réellement bon ?

hum… difficile, pour m’en choisir qu’une je vais dire MR ME TOO (JAW JAM Remix), ce type est dingue, LUI IL INVENTE haha !

Tu arrives à concilier la vie de tous les jours avec cette petite activité de musicien ? 

C’est assez difficile en ce moment, je viens de finir mes études de mode, je pensais donc pouvoir être tranquille et bosser à fond ma musique, sauf que je me suis fait embauché dans une marque de sneakers de luxe Plus Footwear, et j’ai pas mal de boulot, qui malheureusement prend de la place sur mon temps de production. Donc au lieu de faire un track par jour j’en suis à un par semaine haha.

Comment est-ce que tu te vois dans 10 ans ? Tu as des grosses envies ?

Dans 10ans ? Euh encore plus barbu et encore plus tatoué haha, non honnêtement je rêverais de vivre de ma musique, mais qui n’en rêve pas ? Que tes sons soient écoutés des milliers de fois et faire le tour du monde pour jouer devant des gens qui t’adorent, le putain de kiff ouais ! Sinon j’espère au moins réussir dans la mode…

Quels sont tes projets pour les prochains mois, musicalement parlant ?

Je vais sortir un EP chez Diamante record, le label de Daniel Klauser, un vinyle chez Loveless record si tout se passe bien et d’autres sorties que je dois encore garder secrètes… J’ai aussi rejoint La Fille De L’air, le label de Korgbrain et Wave Futur qui commence à me booker. J’ai un projet en cours avec des potes qui s’appelle GET MONET, sisi la famille ! Et je suis toujours chez Conquistadores à qui je dois tout. À coté de ça je bosse sur une dizaine de collaboration et quelques remixes. Hyperactif je t’avais prévenu haha !

Et pour finir, donne nous une date que tu as particulièrement kiffé et une anecdote drôle en rapport avec tout ça !

Coupe du monde 98, je me suis endormi, j’ai vu aucun des 3 buts, la loose…

Ahah, merci Tommy ! 

Merci !