ABC Pitchfork: Animal Buttons Chromatics.

On en a parlé toute la semaine, le Pitchfork Music Festival avait donc lieu le weekend dernier, on a eu la chance d’y aller, on vous raconte.. c’était grand. Bon on a loupé M83, Grizzly Bear, Seb Tellier… parce que payer 150euros les trois jours sans le soleil des festivals d’été… Pitchfork retransmettant une bonne partie des concerts en streaming, on a pu voir qu’on aimerait être riche. On avait donc sélectionné le Day2, où Animal Collective, Chromatics, Fuck Buttons ou Wild Nothing se bousculaient au portillon.

Un contrôle RATP inopiné doublé de la non-régularité de notre déplacement métropolitain nous ont fait manquer le début du festival. Mais jour de chance et 35 euros d’amende évités, on arrivait à la Grande Halle de la Villette sur un petit nuage que Wild Nothing ne dissipait nullement. Leur excellent dernier album Nocturne mérite une écoute attentive. Leur pop légère, quoique parfois timide sur scène donne le ton d’un festival placé sous le signe bon chic bon genre hipster du label Pitchfork. Pop, rock, électro, tout est propre au possible. Le concert “Bob Dylan pour les pauvres” de The Tallest Man on Earth offrait l’occasion idéale d’explorer les environs. Deux scènes pour une seule salle, Pitchfork a trouvé une formule parfaite, réglée au millimètre, quand un concert s’arrête côté nord, un autre commence au sud, soit 8 heures de musique quasi continue.

C’était le rock à papa de The Walkmen (lire ici) qui devait lancer véritablement la soirée avec une élégance certaine. Sérieux et efficace, leur public de fidèles a les yeux écarquillés, et on distingue les premiers sauts de cabris de la nuit. À vrai dire c’était les Chromatics qu’on attendait avec une impatience non feinte, tant le dernier album du groupe de Portland nous a charmé (lire ici), tout plein de cette douce mélodie synthétique qui leur est propre. La transposition live est saisissante, ne reste que la voix de Ruth Radelet tant le cerveau Johnny Jewel – le fondateur de Italians do it Better, réinvente tout derrière ses claviers. De mélancolique, leur pop devient dance tout en restant froide et fantomatique.

Encore tout plein d’une langueur agréable c’est vers Robyn qu’on se dirigeait. La “Madonna suédoise” danse danse danse… nous un peu moins, c’est le genre d’engouement Pitchfork un peu incompréhensible, tout cela reste assez pop mainstream de stade. Perplexe. On ne s’en fait pas longtemps cependant, attirés comme des papillons de nuit vers la lumière blanche qui illumine la scène des Fuck Buttons. Ce n’est pas la même catégorie niveau danse… Plus efficace à coup sûr, hypnotique, surpuissant, les jeux de lumière sont impressionnants, on rentre en transe  lentement à coup de beats et de morceaux interminablement enivrants. Encore sous le choc, on se dirige tant bien que mal vers le clou du spectacle, à savoir les dingos de Animal Collective.

 

 

Voir Animal Collective c’est pas loin de voir Radiohead, sauf que les Américains c’était la première fois. Quand on sait que Avey Tare et Panda Bear sont dans le tas, on est déjà pas loin du superband… Leur dernier album (lire ici) qu’on avait fini par domestiquer promettait beaucoup live. On ne vous mentira pas plus longtemps, c’était immense. Un concert en plusieurs parties, au final un grand crescendo psychédélique vers les tubes de Merriweather post Pavillion. Le dernier album est exploré dans tous ses méandres à coups de longues transitions et d’improvisations folles que leur statut de groupe à part leur permet de tenter. Leur maîtrise technique est incroyable et plus qu’un concert on assiste parfois à une démonstration/performance parfaitement huilée. On se souviendra très longtemps en tout cas de Brothersport et de My Girl qui auraient fait danser les morts… On en rêve encore la nuit. Rendez-vous l’année prochaine !