Goldwave, de l’or plein les mains.

Caen n’en finit plus de lancer des groupes intéressants, pour ne pas dire enthousiasmants. Dernier en date, qu’on suivait depuis un petit moment déjà : Goldwave. Au delà d’une classe certaine, le nom a le mérite d’être clair, les normands auront du mal à échapper à l’étiquette coldwave très en vogue ces derniers mois dans l’Hexagone.

On avait découvert Goldwave en 2011 déjà, avec la très immédiate et addictive Isolation Love, un tube en devenir à la production encore imparfaite mais qui montrait un sacré potentiel. Dans quelques jours sort donc Night Lights. Plus qu’un EP-compilation de cinq titres, ce format court permet au groupe de faire dans l’homogénéité et la cohérence. Chaque chanson a sa couleur et son histoire mais on retrouve le même son très intéressant dans tout l’album.

 

Night Lights, titre éponyme et manifeste du “son-Goldwave” démarre avec douceur et assurance. Sunshine brille par sa lenteur oppressante, son final glacial et hypnotique, teintée de l’ambition de Wu Lyf sans pour autant ressentir le besoin d’égorger des porcs dans une église gothique. Soft Silk, moins immédiate, montre toute la maturité des caennais, la voix détachée du chanteur accompagne un final de batterie-guitare remarquable. On se délecte de leur single Snow, énervant de facilité et de simplicité et qui recèle pourtant une complexité assez bluffante. Enfin le tube 8th of November à la Ennio Morricone, plein d’une grandiloquence retenue représente leur meilleur atout live.

Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils ont grandi un peu vite. Quand on réécoute Isolation Love, on se dit que cette veine aurait mérité d’être explorée de fond en comble. Comme si le groupe en moins de dix chansons et quelques mois d’existence, avait déjà fait un bond en avant de plusieurs années. Dans l’énergie, toujours plus canalisée, dans le son, toujours plus propre. On en arriverait à leur reprocher leur maturité déconcertante…. Car maintenant quoi? Quelle évolution possible avec ce son (et ce nom!) par définition stéréotypé et cette impression de pleinitude déjà atteinte?

Il reste que cet EP est d’une qualité incroyable pour un si jeune groupe. À la croisée de The National, Other Lives ou Interpol. On s’étonne qu’un groupe de cette noirceur puisse sortir de la petite ville bourgeoise de Normandie… Les Goldwave auraient mérité de naître dans une banlieue glauque du nord de l’Angleterre.

 


 

 

 

D’ailleurs pour en finir avec Caen, on était à l’UBU hier soir pour voir notamment Gomina qui viennent aussi de Normandie, complètement bluffants sur scène. À la croisée de Tame Impala et Animal Collective sur leurs meilleurs morceaux. Allez les voir aux Trans’.