La fureur de Pegase : interview

Le cheval ailé nous le connaissions déjà, repéré par certains, conseillé par beaucoup, nous nous sommes plongés dans son dernier EP Dreaming Legend dès que le temps nous est venu. Deux titres, format parfois sobre et éthéré pour un artiste dont l’univers singulier semble se propager à une vitesse folle, exponentielle, surtout. La chronique pourrait être courte ou longue, je serai peut-être bien incapable de retranscrire en mots l’impression forte que ces morceaux ont laissé sur moi.

Le premier commence à dévoiler la maturité acquise : Dreaming Legend, une épopée oppressante et menée par des boucles lassives, parfois à la fleur de la techno ou de la house des années 80. Accompagné d’un clip qui selon les propres mots de Pegase, pourrait bien le mettre à nu. Ladybug suit sous un nom étonnant et souriant dans une ambiance très subtile, bizarre. De petits riffs de guitares en choeurs féminin arrachés à des synthés clinquants, nous n’avons pas fini d’entendre parler du jeune nantais, et ce n’est pas pour nous déplaire. À l’orée de la grande réussite et d’un futur en couleurs, nous avons receuilli les mots de Raphaël, inventeur de Pegase :

Hello Raphaël, alors pour commencer peux-tu nous donner trois mots qui te décriraient pour nos lecteurs qui ne connaissent pas Pegase ? Ainsi que ton pire défaut.

C’est un exercice très difficile pour moi alors je vais me permettre de commencer avec une phrase qui me ressemble mais qui n’est pas de moi, plutôt qu’avec trois mots : ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. Mon pire défaut à cet instant est de ne pas savoir comment bien répondre à cette première question.

Concrètement, comment naissent les morceaux de Pegase ? Es-tu seul à composer tout ça ? Que veux-tu apporter aux gens ou peut-être simplement, à toi-même. 

Pegase est effectivement un projet très personnel, je compose et enregistre mes chansons seul. Mes chansons sont parfois juste une vision. J’ai pour habitude de laisser les choses sortir sans essayer de les comprendre ou de les analyser, j’aime bien attendre le jour où je comprend le sens de ma chanson sans le provoquer, parfois ça prend seulement quelques jours, parfois plusieurs mois mais ça arrive toujours. Je ne vais pas mentir, même si j’étais seul au monde, je ferai de la musique, pas pour l’écouter, mais juste pour donner un sens artistique à ma vie. Cependant je suis toujours très touché en me disant que ma musique accompagne des gens dans leur vie.

Ton univers semble assez onirique, imagé à l’instar du clip Without Reasons. Nous avons eu la chance de voir Dreaming Legend et le tout semble plus terre-à-terre, plus réaliste avec les images de ton père et le retour dans le temps. Cela fait partie de ton évolution ? Tu souhaites peut-être dévoiler une autre facette de ta personnalité ?

Without Reasons et Dreaming Legend ont beaucoup plus de points communs qu’on peux l’imaginer. Les sujets ne sont pas traité de la même manière car je n’en vois pas l’intérêt. Je ne veux pas faire deux fois la même chose. Dreaming Legend aborde les choses de manière plus inquiétante. Si Without Reasons parlait d’un homme qui se voit réellement pour la première fois dans un miroir et y trouve un commencement soudain sans trop comprendre ce qu’il lui arrive, Dreaming Legend serait la suite, cet homme confronté à son premier obstacle, qui finit par comprendre qu’il ne peux plus continuer à vivre devant un miroir, il doit reculer, mais pour mieux prendre son élan afin de traverser ce miroir pour se trouver un nouveau rêve. Je ne cherche pas à me dévoiler mais c’est vrai qu’en cherchant bien on peux tout apprendre de moi dans ma musique.

Pour en revenir à Without Reasons, il y en a eu quelques remixes, est-ce qu’il y en a un qui te plait tout particulièrement ?

Je ne sais pas si j’en préfère un en particulier, j’ai essayé de choisir des artistes avec des univers très différents. Je viens récemment de publier un remix exclusif de cette chanson qui n’était pas présent sur mon ep et qui a été fait par un des musiciens qui m’accompagne en live (mon guitariste), il est téléchargeable gratuitement sur mon soundcloud.

Comment décrirais-tu ton nouvel EP ? À qui peut-il s’adresser, qui touchera-t-il selon toi ?

Je dirais que mon nouvel ep est plus personnel encore que le premier et plus abouti aussi. J’ai composé deux titres originaux comme sur le premier ep, je trouve que c’est un bon équilibre, plus ne me paraît pas nécessaire sur un ep. J’ai cependant choisi de ne pas ajouter de remixes contrairement au premier ep, mais il y en aura sûrement à venir dans les prochaines semaines, que j’aimerai publier gratuitement. J’ai plus de mal à parler de ce deuxième ep car j’ai moins de recul. Pour la deuxième partie de la question, ma musique s’adresse à n’importe qui, et si elle touche des gens alors c’est merveilleux.

On commence à réellement t’apercevoir en live, comment se compose ta formation en live ? 

Je suis accompagné par 4 musiciens, ce sont des amis, des gens que j’aime beaucoup et avec qui j’ai énormément de plaisir à jouer ma musique en live. Je suis assez perfectionniste et ils sont très patients et motivés. Je suis très content du résultat et j’espère pouvoir faire beaucoup de concerts prochainement car je ne connais toujours pas de meilleur endroit qu’une scène pour partager sa musique.

Tu es notamment présent avec les Rencontres Trans Musicales. Comment s’est passée la rencontre entre toi et eux ? 

La rencontre c’était dans une loge un après-midi, c’était cool et c’était simple. J’ai vraiment hâte d’y être. Je joue à l’étage du Liberté le vendredi 7 décembre après déjeuner, à 14h30.

Quels sont tes pronostics sur cette nouvelle édition du festival ? Tes petits favoris. 

Je laisse les pronostics aux journalistes sportifs. Mes favoris sont les Von Pariahs, même si c’est complètement subjectif car j’ai enregistré leur premier disque et que ce sont des amis.

Il y a une jolie scène à Nantes, nous avons pu rencontrer les Pillow Pilots ou encore les Von Pariahs, qui nous conseillerait-tu pour une prochaine rencontre ? 

Disco Anti Napoleon (DAN) et Rhum For Pauline.

Est-ce que la ville de Nantes est un environnement dynamique et propice à la musique selon toi ? 

Je pense que oui sinon je serai déjà parti depuis longtemps.

Question pour la fin, donne nous un morceau pourri que tu adores, une sorte de plaisir coupable. 

Je trouve que la culpabilité est incompatible avec la musique, il y a des musiques qui ne me touchent pas, mais il n’y a pas vraiment de musique que je trouve “pourrie” ou que je déteste. Du coup on va dire que si je devais te donner la dernière chanson à laquelle je pense pour terminer une interview (mais qui serait peut-être la seule chanson que je garderai pour danser dans un club) ce serait ça.

Un mot absurbe pour la fin ?

Pampampe.