On a passé un p’tit coup de fil à Goldwave…

On a interviewé les Goldwave à l’occasion de la sortie de leur premier EP (dont on avait dit beaucoup de bien ici). On a assisté ensemble à la Tournée des Trans’ (avec O’Safari, Bow Low et Mermonte) au Cargo de Caen jeudi dernier. C’était aussi le jour de la sortir de Night Lights, Boris le batteur du groupe normand nous parle des Trans’, de la composition, du “son Goldwave” et de leurs copains caennais.

Bien remis de jeudi soir? Ça vous a plu cet avant-goût des Transmusicales? 

On a bien fêté la sortie de l’EP au Cargo effectivement. D’ailleurs on a eu l’occasion de rencontrer les O’Safari dans les coulisses. On ne les connaissait pas personnellement et du coup on est resté en contact, on sait jamais… pour des remix peut-être!

Déjà des retours sur l’EP?
On a eu une première bonne surprise avec un coup de fil de Radical qui nous a proposé la première partie de Nigel Godrich (le producteur de Radiohead) au Divan du Monde mercredi. Les Tontons Tourneurs ont donné une liste de groupe de Caen et c’est Nigel Godrich qui a choisi le groupe qu’il voulait, c’est plutôt flatteur. Ça nous permet de sortir de Normandie, on avait fait qu’une seule date à Paris et en plus le Divan du Monde est une salle super classe.

C’est le premier concert depuis la sortie de l’EP, le premier d’une tournée?
On n’a pas énormément de dates pour le moment mais jusqu’en décembre on a presque un concert par semaine. Les Trans’ mercredi, les sélections du Printemps de Bourges où on rejoue avec Bow Low et surtout les Lanskies.  Ils nous ont beaucoup aidé il y à 3 ans quand on commençait en nous faisant faire notre première date et en nous aidant à trouver un local pour répéter.

On sent en effet une certaine émulation entre les groupes caennais? D’ailleurs vous jouez au Trans’ avec deux autres groupes de Caen.
Oui c’est vraiment remarquable. En plus on a d’autres copains qui viennent aux Trans’, les Gomina qui font de la super musique. Ils ont un nouveau set avec des super lumières… sur scène ça envoie vraiment. Ils sont un peu plus âgés… Ils nous ont proposé d’aller avec eux en studio pour essayer leur matos.

Comment vous avez été repéré pour les Trans’?
On était en résidence au Cargo (salle de Caen) en septembre et les groupes caennais qui participent avaient déjà été annoncés quand on a reçu un coup de fil de notre manager nous disant que Jean-Louis Brossard était intéressé. Il était tombé sur Isolation Love, un vieux morceau qu’on ne joue plus. Donc au final, on ne sait pas vraiment comment il a trouvé nos morceaux: le Cargo, Buzzproduction qui travaille avec nous…

Pour le moment tout marche un peu par enchantement alors?
Oui c’est vrai, on a pas trop cette mentalité d’aller chercher les gens… Ça nous joue sûrement des tours parfois mais on est pas à l’aise dans ces démarches. Maintenant qu’on a sorti l’EP, on veut tourner. On espère que les Trans’ seront un bon tremplin et que les dates vont suivre derrière.

Parlons un peu du groupe, tu nous présentes les autres membres en nous disant pourquoi chacun est indispensable?
Alors on est cinq: Thomas au chant et à la guitare. C’est notre arrangeur, c’est lui qui a l’oreille sur tout, il voit les détails auxquels on ne pense pas. Etienne c’est le chanteur principal en ce moment, mais c’est plutôt par période, c’est lui qui compose le plus, il apporte souvent les premières idées. Can est à la basse, il est arrivé plus tard dans le groupe, les gars l’ont rencontré quand j’étudiais à l’étranger. Il vient d’Istanbul et est à la fac de Caen. Quand je suis revenu le courant est bien passé. Pierre aux clavier à un rôle un peu bizarre, il a l’avantage d’avoir fait le conservatoire, on est tous autodidactes et cette rigidité académique c’est super de l’avoir.

Comment se passe la compo alors? Chacun apporte sa pierre à l’édifice?
Jamais personne ne se ramène avec un morceau déjà tout fait. Si y’en a un qui ne bosse pas sur un morceau, on le force! Parce qu’on veut garder cette idée de composition à cinq. On touche tous un peu à tous les instruments. Moi je vais trouver une ligne de basse alors que je suis le batteur… Même sur scène on change d’instrument sur une chanson, ça nous parait naturel. Quand on était plus jeunes, on travaillait uniquement en improvisant en répétition, maintenant on essaye de tout enregistrer piste par piste et de réfléchir chacun de notre côté. On essaye de garder un côté très carré mais aussi d’avoir un côté organique et immédiat. Au delà du travail de compo on fait un vrai travail sur le son, on considère que la musique c’est pas seulement 4 accords qu’on répète… Je pense qu’il y a une ambiance de la note en tant que telle. On joue sur les effets, les émotions, on essaye de trouver le bon compromis entre importance à accorder au son et à la mélodie… Mais bon on a encore à progresser on est jeune!

C’est ça qui est remarquable sur cet EP: on a l’impression que vous avez déjà trouvé votre son?
On pense pas, on n’espère pas… Cet EP on l’a travaillé sur un an mais c’est surtout au quotidien que ça se joue… ça fait trois ans qu’on fait de la musique et avec le temps on sait plus ce qu’on a envie de faire. On a supprimé beaucoup de choses quand Can est arrivé et que je suis revenu de Singapour… On a supprimé la moitié de nos morceaux qui avaient été fait au lycée ou juste après le bac et qui ne nous correspondaient plus comme Isolation Love par exemple… On les assume mais ça ne nous ressemble plus, ce n’est pas le son qu’on veut aujourd’hui.

Il y a vraiment une impression de sérieux, d’application qui se dégage de l’EP et du groupe. C’est votre volonté d’apparaître “crédibles” ou en tout cas matures?
C’est pas vraiment une volonté d’être mature… C’est plus dans la façon d’écrire, dans les textes… C’est vrai que des morceaux comme Isolation Love qu’on avait fait un peu rapidement. On a eu un débat au sein du groupe pour ne pas perdre complètement ce côté spontané qu’on avait… On a que 22 ans et je pense que ça se ressent encore sur certains morceaux. On avait par contre la volonté de ne pas être classé pop française parce que ce n’est pas quelque chose auquel on aspire du tout… même si on aime beaucoup des groupes pop!

Vous vous décrivez comment d’ailleurs “Gold-wave”?
On ne regrette pas d’avoir pris ce nom mais on l’a choisi quand on était hyper jeunes. On écoutait beaucoup de post-punk et la coldwave à l’époque. Aujourd’hui ça nous colle à la peau… on évoluera pas vers la pop ça c’est sûr! Mais même si l’ambiance est assez sombre, il y a toujours une pointe de lumière dans nos morceaux je pense. On est pas toujours très drôles mais on a des compos plus “joyeuses” qu’on joue sur scène dont une chanson avec des sonorités un peu orientales… On ne se dit pas “il faut que ça sonne comme ça”. Peut-être que dans deux ans ça bougera, on parlait de Radiohead tout à l’heure, quand on voit l’évolution entre les deux premiers albums et Ok Computer, ils sont passés de la Brit-pop à quelque chose d’expérimentale.

Au final le titre de l’EP résume bien ce que tu dis? Moi je trouve que Night Lights est un peu une chanson manifeste de votre son?
Sur l’EP au début on voulait pas que ce soit un titre de morceau, on voulait un titre-éponyme pour pas faire trop prétentieux. Au final c’est notre morceau préféré, il a coulé de source dans sa composition, dans les paroles, dans l’ambiance…

Ce qui est remarquable aussi dans cet EP c’est son homogénéité, sa cohérence également, ce n’est pas une collection de tube d’un début de carrière.
On n’a pas la culture du tube du tout… au contraire c’est peut-être dommage parfois, on a des morceaux qui ont un potentiel tubesque et on les saccage volontairement parce qu’on n’assume pas… On a aplati Soft Solk par exemple pour lui donner une ambiance pesante. Après sur 8th of November et Sunshine qui sont des compostions plus anciennes, ça se voit qu’on ne se posait pas toutes ces questions sur comment devait sonner nos compos… On allait plus rapidement à l’essentiel et au final c’est les deux morceaux qui marquent le plus les gens… C’est un peu frustrant quelque part pour nous, mais ce sont des chansons super importantes: 8th of November est un beau mix entre notre côté mature et notre côté gamin!

Alors en live qu’est ce que ça donne? Sage et tout en maîtrise comme sur l’album?
On garde fatalement ce côté un peu pesant. On ne va pas parler au public beaucoup mais c’est dans notre nature, on est pas super à l’aise. Mais sur 8th of november qui est le dernier morceau du set, on bouge tous, on se donne corps et âme! Il y a une certaine retenu dans l’EP et sur scène si on se sent bien, on se permet d’y aller franco avec des morceaux rocks qu’on a pas encore sorti.

Question bonus: ton album de l’année?
On est des gros fans de Liars dans leur évolution musicale, dans les changements de styles: garage, post-punk et là leur dernier album est vraiment atypique. Tame Impala que j’ai vu au Bataclan c’était vraiment exceptionnel. Grizzly Bear également, même si on préférait le précédent, avec Yet Again qui est vraiment super comme morceau.

 

On les retrouvera à l’Étage pour les Transmusicales le 6 décembre. C’est gratuit!