Wu Lyf : La grande porte

WU LYF is dead to me“.

Ce sont les mots laissés par Ellery James Robert, crieur de la formation aux détours des internets. Le monde a eu raison de Wu Lyf, groupe à la fois encensé et haï (y compris ici), adulé – à très juste titre – par quelques communautés à travers le monde. Car Wu Lyf était parvenu à susciter passions et réactions l’an dernier, un petit exploit au sein du microcosme musical si prompt à l’indifférence.

Wu Lyf isn’t that important, so go do what you want to do” rajoute l’un des musiciens. C’est vrai. Après tout, Wu Lyf est un groupe de musique, il y en a des centaines de milliers. Ils sont sortis de nulle part, des cathédrales de Manchester et seront ressortis par la grande porte, entre le je-m’en-foutisme et l’humilité la plus totale. Un morceau d’adieu, significatif et porteur d’espoirs les plus fervents : Triumph. Difficile de faire plus explicite de la part du groupe qui aurait officieusement tout battu.

A year spent losing faith; Innocence lost wide eyes see clear the dark” appose Ellery. Véritable désillusion face à une société du spectacle vide de sens ? Comment se doit de réagir un groupe qui n’a rien fait comme tout le monde mais qui a finalement suivi exactement le même parcours que tant d’autres ? La seule porte de sortie n’est-elle pas cette séparation rapide qui laisse un goût d’éphémère ? Notre naïveté excluerait bien volontiers quelque coup marketing, nous n’avons pas envie d’y croire mais ici nous sommes partagés.

De cette fin abrupte ne restera qu’un album unique. Peu importe, Go Tell Fire était né de cette volonté d’absolu, de cette quête de la perfection : ils ont changé quelque chose, on s’en souviendra. Wu Lyf n’était qu’un prétexte, la preuve pour tous que c’était possible de réussir. Ne les regardez pas eux, ils sont vous et moi. Regardons leur héritage et l’engouement qu’ils ont soulevé, ils sont les preuves que vous êtes capables de mener la vie dont vous rêvez. Certains veulent être des stars, Wu Lyf était une comète. Attendons la renaissance, ailleurs et sous une autre forme. Nous ne sommes pas tristes, à quoi bon : le souvenir a déjà laissé place à l’avenir.

Au revoir les garçons.