Bordel Rone révolte

Spanish Breakfast était cool et Tohu Bohu est mieux, c’est le constat qui ressort en écoutant les productions du dernier Rone, un Retour Vers Le Futur II qui sied parfaitement aux trajets matinaux séparant ton chez toi (donc ton lit) de ton travail quotidien. Testé et approuvé deux fois. Les chroniques de décembre reviennent parfois à mettre en lumière quelques pépites éludées dans l’année… manque de temps, présence dans tous les médias et critique quasi unanime : Rone n’avait pas échappé à nos oreilles de chasseurs, aussi décollées soient-elles.

Producteur repéré par Agoria (lui, il n’aime pas le fromage, ndlr) vers 2007 si nos souvenirs ne nous jouent pas de tours, Rone traverse la Terre depuis, de clubs en caves en piquant au vif quelques festivals. Tohu Bohu s’impose en joli et minutieux constat de sa musique, là où Spanish Breakfast était trop flou ou généraliste, Tohu Bohu est classieux et précis. Le point positif d’un producteur tel que Rone peut se résumer assez simplement : il n’est jamais chiant.

Certains artistes de son accabit iront vous jouer des choses plus longues que longues en live, sortir des phrases que personne ne comprendra jamais en disant “c’est parce que c’est pas accessible, vous comprendrez plus tard”. Un peu comme dire que les cascade d’Into The Wild sont de la poésie. Tempelhof ouvre le dernier album, je me souviens de voir quelqu’un (Basile ?) dire que ce morceau serait la parfaite BO de la Ligue des Champions. Ouverture étoilée pour un disque qui n’est pas si bordélique qu’annoncé. Parade fait magnifiquement bien le travail et finira d’ailleurs en single (avec quelques bons remixes), là où Let’s Go n’était pas indispensable avec les baragouinements d’High Priest. Hormis ceci et cela, Tohu Bohu est ce genre de disque qui sonne parfaitement en enlevant un track ou deux, inégal mais jouissif. Rone signe peut-être ici son album le plus accessible sans délaisser son public de pseudo-puristes-qui-se-montrent, le vrai public lui a déjà compris que Rone était loin devant.