Entrevue avec Subarys : voluptuoso

Coup de coeur de cette fin d’année, Subarys est un artiste électronique originaire de Brest et sans doute intéressé par le monde entier qu’il observe d’une cigarette et d’un air curieux. Maëlan Carquet pour ne citer que son nom, son univers se répand d’une manière personnelle mais est assez extraverti pour se retrouver programmé à l’édition hivernale du festival Astropolis : déjà une consécration après son passage au final d’Eletroni[k] en compagnie de Rone. Visiblement, les deux ont l’air de bien s’entendre et leurs retrouvailles cet hiver ne devraient pas mal se passer.

Son remix de Faux Sentiments de Spitbastard se faufile en légère ôde, un trip court et prenant qui nous montre quelque part où on pourrait atterrir un jour. D’autres tracks, oui, Sir Thomas Lulie, énigmatique et puissant d’une agressivité peu commune, une forme de rage dissimulée peut-être. Nous pourrions placer son morceau Limitrophe entre les deux, un pont avec une autre facette plus lisse, plus accessible mais toujours aussi meneuse. Désormais, Subarys nous a accroché et nous savons que c’en est fini de nous : on va devoir le suivre et aller là où il voudra bien nous mener. La finesse et la rage peuvent s’accoupler, vous voyez.

Nous sommes allés pour vous à la rencontre de Subarys et avons réalisé cette interview. Et puisque les fêtes nous vont bien, un petit quelque chose devrait suivre alors que notre site revêtira sa plus belle robe, on vous en retouchera quelques mots le temps venu. Aussi, nous reviendrons sur son autre groupe : Bantam Lyons.

Tu peux nous présenter Subarys en trois mots ?
Voluptueux, obscur, bastos.

C’est un projet qui mûrit depuis longtemps ?
C’est l’aboutissement de plein de projets à la fois en fait. Je fais de la musique depuis l’âge de 10 ans donc ceci explique cela. Je fais de la musique électronique depuis que je suis à Rennes en 2010. Avant, à Brest, j’avais des amis avec qui je faisais énormément de musique et une fois arrivé à Rennes, je me suis retrouvé seul. Je ne pouvais pas arrêter de faire de la musique alors j’ai continué, seul, devant mon ordinateur. Subarys est donc né comme ça. 

Comment tu conçois tes tracks ? Dans quel état tu es lorsque tu les composes ? 
Bizarrement je n’ai pas de façon particulière d’aborder mes tracks. Quand je me met devant mon ordi, ça vient généralement tout seul et je sais rapidement ce dont j’ai envie. Quand il s’est passé quelque chose de fort au niveau émotionnel dans une journée quelconque, il me faut généralement une semaine pour pondre un morceau. La plupart de mes morceaux sont le résultat d’une frustration intérieure ou d’une certaine tristesse : quelque chose qui me touche beaucoup et qui se fait ressentir dans mes compositions en somme.

Tu aimerais conquérir un nouveau public avec tes prochains projets ? Comme Bantam Lyons tu peux nous en parler ?
J’ai pas envie de “conquérir” des gens, Je veux juste que les gens ressentent des choses en écoutant mes morceaux. Je n’aimerai pas qu’ils les aiment parce que tout le monde en parle. c’est peut être un peu égoïste mais je fais avant tout de la musique pour moi, mon plaisir. Je ne fais vraiment pas la musique dans le but d’atteindre des sommets, ou acquérir une notoriété (bien que je ne cracherai pas sur le fait de pouvoir vivre de ça). Je fais de la musique parce que ça fait partie de ma vie et sans ça elle aurait beaucoup moins de sens. Je prend les choses comme elles viennent tout en sachant que j’ai des vraies valeurs que je ne veux surtout pas oublier.
Concernant les Bantam Lyons, ça n’est pas un projet aussi récent que ça. On a commencé avec Loïc (Le chanteur/guitariste et autres babioles) à faire de la musique quand on était au lycée et on a la chance de toujours avoir été sur la même longueur d’onde en musique, on se comprend parfaitement. On a eu pas mal de projets chacun de notre côté et on s’est retrouvé l’année dernière pour former les Bantam Lyons. Greggies, le manos au claviers ainsi qu’au chant nous a rejoint un peu plus tard.
S’en sont suivies de longues heures à essayer de trouver ce qu’on allait réellement faire et on commence vraiment à trouver notre pâte ainsi que notre son. Du coup, on compose beaucoup en ce moment et on aimerait commencer les concerts au printemps !

Tu es influencé pas quels artistes ces temps ci ?
Ça pourrait paraître étrange mais ma principale source d’inspiration n’est pas dans la musique électronique. J’en écoute -évidemment- très souvent mais pas seulement. Pour ne pas citer des noms, je citerai plutôt des labels : Border Community, Traum, Rock Action, Sub Pop, Antirecords, Fat Cat, Rough Trade et j’en passe !
Quels souvenirs gardes-tu de Tendances Electroni-k ?
Un super bon souvenir, forcément ! Vraiment un festival qui réfléchit aux artistes qu’il programme. La programmation étaient super éclectique et les concerts étaient tous géniaux. Et biensûr, le fait d’avoir joué à la soirée de clôture était un putain d’honneur, surtout aux côtés de Rone avec qui j’ai eu l’occasion de bien discuter !

Programmé à Astropolis hiver 18.5, ça fait quoi ? 
C’est simplement un rêve qui se réalise, ça fait des années que je participe à Astro avec un enthousiasme de folie pour des soirées déjantés et pleines de révélations ! Jamais je n’aurais imaginé y être programmé un jour ! J’arrive pas tout à fait à réaliser encore…
Il y a du monde que tu adores dans l’affiche ? Rone ? 
Rone évidemment, j’adore ce qu’il fait ! Joris Delacroix aussi et un super bon producteur. Après je n’adhère pas forcément à toute la programmation mais elle reste énorme !
Bonus time : tu peux nous filer un truc que tu kiffes et que personne ne connait ?
Panda Valium – Overmalegan. Bim !

Qui sera le prochain artiste super cool à suivre selon toi ? 
Je ne peux pas en citer qu’un alors j’aurais tendande à dire le collectif MoÏ MoÏ ainsi que Positive Education.
Est-ce que cette interview était naze d’après toi ?
Si j’ai pris le temps d’y répondre, c’est qu’elle n’est pas si naze. Quoique ? (Petit sourire, ndlr).