David Bowie ou non ?

David Bowie revient et fait déjà jazzer les sceptiques. C’est assez drôle vu de chez nous. L’artiste casse alors un silence radio d’une dizaine d’années et annonce pêle-mêle un nouvel album, qui lui même s’asseoit sur la pochette simple et significative de Heroes, chef d’oeuvre s’il en est un (on sait que tu as adoré cet album, comme toute population extraterrestre sur cette planète).

Au final, qu’est-ce qu’on a ? Une pochette et un nouveau titre, une tracklist tout au plus mais qui celle là ne nous menèra pas à grand chose, oublions la. Après avoir ingurgité le morceau, l’annonce du retour (une sorte de dieu qui revient avec la bienveillance la plus sincère) et la pochette, nous avons silloné les internets pour en savoir plus. D’interviews de ses musiciens qui au final n’en disent rien sur la teneur en vitamines du disque à venir en rencontres avec l’homme-derrière-la-pochette-équivoque qui disent que la simplicité a gagné, nous ne savons rien et nous allons y aller au ressenti.

Where Are We Now? sera l’ode du prochain album, sobrement intitulé The Next Day et porté vers un futur post-Berlin des plus… magnétiques. Ses années allemandes cachées derrière un carré pâle, le voici qui revient comme un songe, comme un monsieur fatigué qui réussirait enfin a relâcher son souffle libérateur. le single aura fait parler de lui, mais dans l’absolu aucun fracas, un buzz relatif qui s’est quasi déjà éteint et un clip sur lequel David Lynch n’a pas dû cracher – peut-être même a-t-il revendiqué son influence sur le grand David.

Un retour après dix ans, ce n’est jamais très simple et le risque de finir catalogué auprès des come back un poil ratés et commerciaux est très grand. Le titre, épuré à l’oreille et qui ne se veut ni revendicatif, ni pompeux et encore moins grandiose est quelque part l’éclaireur de ce retour : David Bowie a quelque chose à dire, comme un papa qui reviendra avec ses chansons et repartira comme il est venu, le plus humblement du monde. Je crois que si tous les artistes de son envergure avaient le respect dont il fait preuve, additionné à son humilité, sa simplicité et son sérieux discret, alors nous serions tous mieux portants et sans doute moins vindicatifs.

David Bowie signe le grand retour de l’année à peine entamée, celui qui venait d’ailleurs n’a aucune envie de prouver quoi que ce soit et cela fait vraiment beaucoup de bien. On le voit alors vieilli dans cette vidéo, étiolé par la maladie, touchant et solennel, presque renonçant en songeant aux années éprouvantes. Se tenant droit et fier, menton au ciel, Bowie était le “hero” de ces années 70 et il alors il clamait ceci : “it’s gonna be me”. Date on Mars?