Vague n°2

On découvrait les Wave Machines en 2009 alors que JNSPUF! n’était qu’un projet tout neuf… Avec leur premier album, ils nous avaient charmé, grâce à une pop délicate et précieuse si particulière. Trois ans plus tard, les Liverpudliens nous séduisent à nouveau avec un deuxième album appelé Pollen.

Entre temps, on avait eu le plaisir de les découvrir live à Rock en Seine. Ils nous avaient alors convaincu encore davantage, par leur simplicité nonchalante et attachante. Qualificatif qui correspondait d’ailleurs parfaitement à leur premier album Wave If You’re Really There, que j’ai mine de rien écouté très régulièrement depuis sa sortie. Si bien que les Wave Machines symbolisent tout particulièrement pour moi la veine musicale de la fin des années 2000, malgré leur confidentialité. Quatre ans plus tard, les anglais gagnent en envergure sans pour autant quitter leur univers intimiste, Pollen surpasse ainsi son prédécesseur.

 

 

Eclectique et ensorcelant, Pollen est le signe que Wave Machines mérite de grandir. Le groupe conserve dans ce deuxième album, un côté très détaché, intriguant mais apaisant. Moins synthétique que Metronomy, pas aussi minimal que Alt-J, bien moins électronique que Hot Chip, Wave Machine nage pourtant dans les eaux difficilement identifiables de ce qu’on regroupe parfois sous l’appelation electro-pop. On serait alors bien réducteur, car derrière l’évidence pop et la simplicité apparente, se cachent des mélodies complexes, une production parfaite où tous les sons sont beaux.

Le talent mélodique de Wave Machine est rare, et se décline sous de nombreuse formes. Dans un groove sombre et tragique (Counting Birds), dans un tube dance délicat mais imparable (III fit), un psychédelisme robotique puis doux (I hold Loneliness) ou encore une synth-pop aux échos désenchantés (Home). Tour à tour luxuriante puis intimiste, débordante ou minimale la musique de Wave Machines repose avant tout sur l’évidence.

Une toute autre évidence que celle développée sur leur premier album, désormais basée sur des atmosphères naives et belles, grandiose et enchanteresses (Pollen, Unwound) qui vont jusqu’à rappeler la fragilité de Mercury Rev ou les orchestrations de Sigur Ros. Souvent lumineux, Pollen n’hésite pourtant pas à sombrer vers des ambiances plus synthétiques (Sitting in a Chair, Blinking) ou tendues (Blood Will Roll). Jamais il ne tombe dans la facilité ou ne se repose sur un genre plus “accessible”. Si le single III fit rendrait jaloux Passion Pit ou Yeasayer, le reste de l’album surprendra sans doute l’oreille non avertie. Une des réussites de l’année 2013, on peut déjà en être certain.