“Je ne comprends pas la mode”

On n’en finit plus de les comparer à la génération France Gall (sans Gainsbourg derrière…). Granville fait partie de cette nouvelle vague de groupes au style un peu désuet, qui parient sur la langue française comme Aline ou encore François and the Atlas Moutains avec des fortunes et des ambitions diverses. Les Voiles joue donc la carte d’une pop innocente, très maligne, printanière, bord de mer…  Nous avions été plutôt charmés par les premiers titres du groupe Jersey, Polaroïd et Le Slow. Leur concert rafraichissant à Rock en Seine l’été dernier sous un soleil pluvieux très normand avait fini de nous convaincre. On les avait donc logiquement placé dans nos révélations françaises 2012 parmi leurs collègues normands de Superpoze, Golwave ou encore Gomina.

 

 

Légère déception tout d’abord à l’idée de retrouver les chansons précédemment citées sur la tracklist de Les Voiles. Bon point cependant, la production a changé du tout au tout. Polaroid et sa guitare Foals notamment, prend une nouvelle dimension. Le reste de l’album tient parfaitement la route. Des couplets sous forme de comptines alternent avec des refrains souvent réjouissants. Rien de très profond bien sûr, pas de raz-de-marée, plutôt de gentilles vaguelettes. La construction des chansons est ultra-classique : des formats radios millimétrés –  entre 2 et 3 minutes. Une grosse demi-heure pour l’album donc. Un album ou plutôt une très longue chanson à la production soignée, au son uniformément doux, aux paroles nostalgiques et sucrées. La voix juvénile de Melissa Dubourg prononce chaque mot avec une application quasi-scolaire. Tout cela est très comme il faut, très à la mode, un peu trop… On retiendra Adolescent, plus grave qui ose les 4 minutes et à l’opposée le très pressé Les Corps Perdus. Deux titres où des paroles de qualité viennent soutenir une mélodie accrocheuse. On échappe difficilement à la malédiction du français, Les Voiles évitent l’écueil du gnangnan. C’est déjà pas mal.