Sauvez un arbre, écoutez des Néo-Zélandais

OVNI musical complexe, riche, multiforme, tordu et (parfois) violent, le premier album de So So Modern, Crude Futures n’était pas passé inaperçu lors de ma découverte quasi-pédagogique de la sphère math-rock en 2010. Je ne répéterais d’ailleurs jamais assez combien leur titre Berlin est fantastique. (J’en parlais en bien ici)

Après une attente de plus de deux ans, voici les rockers écolos de retour avec un nouvel EP, Transpacific Express, sorte d’ode à la Nouvelle-Zélande comme partie intégrante de l’Asie (si j’ai bien compris) et matériel pour la préparation d’une tournée sur le continent asiatique.

Ce qui m’a toujours plu chez So So Modern, c’est le contraste (toujours présent ici) entre des sons tranchants hérités du post-punk (les guitares tronçonnées et samplées, les parties de batteries délirantes et puissantes), et des atmosphères générales très éthérées plus proche elles du post-hardcore de 65daysofstatic. Le résultat : un genre musical complètement hybride, parfois franchement bourrin, mais toujours varié.

Ce nouvel EP explore encore plus les contrastes entre les deux penchants de leur musique. Ici, le rock tordu et violent est encore plus bruyant (Ultimate Reality, titre plus névrotique que Battles eux-même, ou Lo Life Enlightment, que même Dananananaykroyd n’oserait pas), et l’aspect groovy et dansant de leur musique se sensibilise encore d’avantage (Miyagi et Cosmic Car Crash, titres fantastiques qui pourraient avoir été tiré d’un Holy Fire plus intransigeant).

En délimitant moins les motifs mathématiques que sur leur premier album, l’ensemble perd peut-être en lisibilité (trop d’idées dans une chanson, un grand classique de ma musique préférée), mais gagne d’évidence en richesse. Il n’y a bien que le dernier titre que je ne pourrais pas réécouter en boucle. Gageons de plus que cet EP ne ressemblera à rien d’autre entendu cette année.