Chanter dans les pubs.

La boucle serait-elle bouclée ? Après une décennie passée à courir après les icônes du rock indé des années 2000 The Strokes et The Libertines, et après avoir cherché désespérement les futures icônes du côté des Kooks, des Cribs et même des Vaccines, l’Angleterre est de retour avec Palma Violets.

On trouve toujours tous les ans un groupe indie pour faire la une du NME et sur lequel tous les amateurs d’originalité musicale peuvent déverser leur bile. Mais c’est en sachant apprécier les groupes basiques que l’on ne peut que mieux s’extasier sur les groupes qui tentent eux de repousser les limites du cadre.

Si la musique de Palma Violets convoque nécessairement une ribambelle de groupes proches sonorement parlant, ils parviennent à s’émanciper et à oublier qu’ils font un genre de musique surexploité. Si je ne devais retenir qu’une comparaison, Palma Violets serait pour moi l’équivalent anglais et indie de Cloud Nothings. Leur projet musical est authentique et mature, à défaut d’être original.

Parmi les moments à retenir de l’album, la cavalcade de Tom The Drum, ou la plus classique Step Up for The Cool Cats et son sympathique solo final de batterie tropicale. On regrette parfois que la voix incroyablement mature de Chilli Jesson qui accompagne notamment la superbe balade Three Stars ne soit pas plus présente.

Si les compositions semblent parfois encore un peu bancales, cela fait aussi partie de l’ambiance générale du disque. L’ensemble semble même volontiers je-m’en-foutiste pour que le chorus apparaisse d’autant plus emphatique et puissant. Si tu aimes qu’un Anglais tout rouge t’attrapes par l’épaule dans un pub pour s’égosiller avec toi sur les paroles d’une chanson, tu aimeras sans doute ce disque, visiblement fait pour ça. Et comme dirait l’autre : “OVER AND OVER AGAIN !”