Foals à Lyon : alors ?

Nous y voici, après un dernier Holy Fire poussif et variété. Le Transbordeur approche à grands pas, cette belle salle chaude et accueillante, remplie d’un public majoritairement féminin. Nous entrons dans l’antre des fous et le tout Lyon nous ouvre les bras.

La première partie est assez… originale, déroutante. Jagwar Ma, les quelques morceaux du groupe sortis sur EP ne sont certes pas très originaux et ne sont pas non plus très bien foutus, mélange hasardeux d’un Empire of the Sun dopé à la dubstep du plus mauvais goût, mais nous pourrons apprécier leur folie, à oublier rapidement. L’heure approche, le public est bouillant et quelques uns ont même réussi à faire tournoyer l’audience sur la première partie, la bonne humeur est présente.

Jimmy Smith entre le premier, guitariste que je pourrais qualifier de Dieu vivant tellement ses notes ont pu me faire tourner la tête (et le porte-feuille, on veut toujours acheter les guitares des bons guitaristes). D’un pas sûr, le reste du groupe arrive suivi d’un Yannis visiblement possédé et empli d’une colère froide, pas forcément toujours positive d’ailleurs. Mes peurs se dissipent partiellement lorsque les morceaux d’Antidotes et de Total Life Forever s’enchaînent, c’est un réel plaisir de danser sur autant de bombes musicales, le groupe assure, c’est fun et ça tient vraiment la route. Mais il n’assure pas toujours.

Le malaise s’installe parfois, les morceaux d’Holy Fire ne passent vraiment pas en live. My Number fait peut-être exception à la règle mais je préfère peser mes mots : où est le fond ? Où est Foals ? Une réelle incompréhension s’installe pendant Moon, alors que le groupe quasi entier s’échappe pour laisser des bandes jouer à leur place… un morceau creux et foncièrement mauvais, qui plus est. La vie revient lorsque Red Socks Pugie démonte le Transbordeur, oui je ne suis pas tendre avec Foals, mais non, Foals n’est pas encore mort. Je remarque la formation originale du groupe ce soir (sur cette tournée ?) où Yannis au chant reste à gauche tandis que Jimmy Jazzmaster prend le devant de la scène : un régal.

Foals fait aussi des tours de passe-passe pour croire au déluge, la distorsion faisant office de baguette magique. On sent des relents stoner ou hardcore qui laissent un goût doux-amer dans la bouche, on adore et on déteste à la fois. Le rôle de rockstar qui en fait beaucoup trop et se montre même hautain ne te va pas Yannis, je reste certain que tu es un mec cool, le même qui s’éclate comme un enfant à nous sauter dessus avec sa Travis Bean plus chère qu’une maison. Les rappels se font deviner : ils verront Inhaler tomber à plat (intro massacrée, montée qui n’explose qu’à moitié) et Two Steps Twice se tranformer en joyeux foutoir dans lequel Jagwar Ma galope en pyjama avec Foals et Yannis se barre pour aller faire coucou au public dans les gradins, musicalement cet instant ne vaut plus rien mais c’est la fête, qui a raison alors : eux ou moi ?

Photo : Pierre Salomé