Petit hippie Devendra grand

On ne l’attendait plus : quatre ans après son dernier disque revoilà Devendra Banhart avec Mala, son 8e album.

Depuis déjà quelques années le New-yorkais a coupé sa barbe, rangé son tambourin et s’est éloigné de son personnage de néo-gourou. Un temps révolu dont l’apogée a été atteint avec Megapuss, sa collaboration au sommet avec Gregory Rogove (Priestbird) et Fabrizio Moretti (The Strokes) dont on garde un souvenir ému.

Quelques années donc que sa pop-folk gagne en sensibilité ce qu’elle perd en flamboyance. Il poursuit son évolution en livrant avec Mala un album apaisé, plus introspectif mais aussi plus lumineux que What Will Be. Et c’est très, très bon.

L’opus s’ouvre avec Golden Girls, une perle d’une minute et demie qui semble être la version post-rehab d’un tube disco oublié (chuchoter you’re a young man get on the dance floor en s’accompagnant a la guitare sèche, c’est le genre d’audace qui paye toujours). Parmi les treize autres chansons du disque, quelques autres pépites : Für Hildegard von Bingen, A Gain et Hatchet Wound. Sans oublier l’étrange Your Fine Petting Duck, surement la chanson la plus intéressante de Mala, avec sa structure tortueuse, ses digressions électro et son couplet en allemand.

Ceux qui n’ont pas fait le deuil du Devendra hirsute et sautillant de leur adolescence ne s’y retrouveront peut-être pas. Pour tous les autres, il va être difficile de résister.