Powers to the Youth

C’est l’enchantement de ce début d’année 2013. Le disque que je retiens pour le moment. Youth Lagoon retrouve avec Wondrous Bughouse la magie de son premier album (dont on a avait parlé en bien ici)  mais avec une ambition toute nouvelle. La dream-pop timide et soyeuse, laisse place à des chansons plus longues, mieux construites, plus émouvantes encore. Une évolution tant du son que sur le fond.

 

 

Trevor Powers est sorti de son hibernation. Il revient si bien, qu’on en oublierait tous les albums qu’on a pu écouter cette année. Wondrous Bughouse est une perle bien plus baroque que le très classique The Year of Hibernation. On reconnait immédiatement Youth Lagoon, mais tout à changé pourtant. Powers revisite complètement sa musique mais garde le même univers. Le son se fait plus psychédélique – on pense à Tame Impala parfois. Le travail sur la voix reste le même, mélange de grâce et de lo-fi reconnaissable entre mille. On ne peut plus le cantonner à la dream-pop, où alors ce rêve est bigarré, un peu fou. Attic Doctor (une valse: 123 123!) ou Daisyphobia sont des comptines presque burtonniennes. Elles transportent dans une ambiance hypnotique, merveilleuse et naïve rappelant aussi bien Mercury Rev qu’Alice au Pays des Merveilles.

 

 

Le génial californien, qui vient tout juste de fêter ses 24 ans (!!) laisse désormais le temps à ses chansons d’exister. Il les développe, les étire à l’extrême. Il joue avec ses propres mélodies, les déconstruits, les réarrange… mais toujours, au moyen d’une dernière pirouette de clavier, retombe sur ses pieds. Les arrangements sont soignés, les couplets se construisent lentement, les refrains sont envoutants, les montées magnifiques. Cinq chansons sont encore plus splendides que les autres: Mute, Pelican Man, Dropla, Daisyphobia… et bien évidemment Raspberry Cane. Un chef-d’œuvre à elle toute seule. 1min20 d’introduction magique, une mélodie imparable, une déclinaison du thème principal parfaite et quelques notes qui s’égrainent malicieusement pour conclure. Trevor Powers est déjà un grand.