Alors, popoupapop ?

Il est toujours un peu difficile de chroniquer les groupes locaux qu’on suit depuis longtemps déjà. Le premier album des Popopopops est sorti il y a quelques jours, mais cela fait des années qu’on connait le groupe (on en parlait encore ici en mai dernier). Qui plus est, c’est en live qu’on les a découvert, là où ils excellent… et c’est en live qu’on les a retrouvés la semaine dernière dans un Ubu survolté. Après avoir assisté à cette release party bretonne, impossible d’y couper : on décrypte Swell attentivement.

Swell est un joyeux bazar, inégal, hétérogène : tout ce qu’on peut attendre d’un premier album. Son plus grand tort est sûrement de tout donner dès la première chanson. My Mind Is Old incarne la perfection pop, douce, suave mais pleine d’une tension jouissive. Chaque note de guitare égrainée, chaque chœur, même chaque mot est imparable. C’est la quintessence inégalable de la musique qu’ils essayent de produire. Alors voilà, que faire ensuite ? Il y a du très bon, du moins bon et du très moyen. On renoue avec cette quête de pop-totale sur Hypnotize Me qui tire sur la corde metronomi-esque. Les rennais se concentrent sur ce qu’ils font de mieux. Mais cette délicatesse que les british avaient sublimé sur leur English Riviera, les Pops ne l’atteignent plus sur Fam ou Wavelengh qui manquent cruellement d’ambition à défaut de triompher dans la sobriété. Le groupe a le mérite d’essayer, d’expérimenter. C’est indéniable et souhaitable pour un premier album, quitte à manquer d’une identité forte. Ils s’égarent pourtant parfois dans le mielleux insipide (Cross the line) ou dans un final un peu surréaliste à la limite du plagiat de Coldplay (Paradise aka The Waiting).

Mais la plupart du temps, ça marche. Comme sur Healing, une très bonne chanson power-pop au refrain explosif et grandiose ou Sign, plus “sale”, alternant en 2 minutes refrains crachés / guitare The Rakes et chevauchées fantastiques grandioses. On se laissera même séduire par Text Me Call Me, son refrain faisant vite oublier un rap pas assez méchant et surtout sans légitimité RnB ou “britpop Madchester”… Heureusement, comme on l’a dit précédemment, les Popopopops sont un groupe de live remarquable. Même leur chansons en demi-teinte, plus friables acquièrent un supplément d’âme salutaire – qui plus est après une mauvaise première partie signée Pegase. C’est le cas de Gesundheit, du single Pure ou de R’n’R, plus ou moins efficaces et pourtant pas assez “méchantes” ou du moins trop raisonnables sur l’album. Après deux bouteilles de champagne apportées par un Jean-Louis Brossard des grands soirs, ils enchantent un Ubu conquis d’avance, avec un public (un peu trop) adolescent (un peu trop) hystérique dans les premiers rangs. Contrairement à Metronomy et même passablement éméchés, ils savent jouer de la batterie, dramatiser chaque note de synthé, héroïser chaque solo de guitare. Bref au delà de la performance live, Swell est un premier album plein de promesses, mais il reste avant-tout un premier album.

Swell dans ton salon:

 

 

 

 

Swell en concert: