The sound (and words) by Birth of Joy

Ily avait bien longtemps qu’on avait pas entendu un album de la trempe de Life in Babalou de Birth of Joy. Rock, stoner, psychédélique, un album total et puissant qui nous avait laissé une très forte impression. Autant dire qu’il était difficile de ne pas retourner les voir lors de leur passage à l’Ubu. Rencontre avec trois rockers drôles et parfois un peu crades, comme leur musique.

JNSPUF! : Pour commencer, est-ce que chaque membre du groupe pourrait en présenter un autre ?

Kevin (chant, guitare) : Ok cool, donc je vais présenter Bob. Bob, il joue de la batterie, et il fait également les choeurs. Il est super important dans le groupe parce que… (long silence et rires gênés) c’est un mec vraiment sympa avec une personnalité incroyable. Je le pense sincèrement, même si j’ai mis du temps à le dire (rires). La vérité c’est que personne ne voulait jouer de la batterie, c’était le seul, donc on on a pas eu  vraiment le choix en fait.

Bob (batterie) : Je suis surtout le seul à pouvoir supporter ces deux mecs là ! Bref. Donc moi je vais présenter Gertjan. Il joue du clavier, de l’orgue et de la basse. Et sinon dans la vie, il boit de la bière. Il aime vraiment beaucoup boire de la bière.

Gertjan (claviers) : Et le dernier membre du groupe c’est Kevin, il joue de la guitare et c’est notre chanteur et leader. C’est un peu le mec sexy du groupe.

(Le dit Kevin se met à faire des bruits de pet avec son aisselle)

Gertjan : En tout cas, il essaye de l’être.

JNSPUF! : On vous a découvert aux Transmusicales, comment est-ce que vous vous êtes retrouvés à jouer ici ? C’était un bon souvenir pour vous ?

Kevin : On a rencontré Jean Louis après qu’il nous ait vu jouer à l’Eurosonic Festival aux Pays Bas. Ils nous a invité à le rejoindre après le concert et ils nous a programmé comme ça.

Gertjan : Et sinon le concert était super cool !  L’un des meilleurs souvenirs pour nous clairement.

JNSPUF! : Comment composez vous vos chansons ? Elles sont très liées aux riffs que vous trouvez non ?

Kevin : On fait ça le plus simplement du monde en composant à partir de nos idées et des méthodes différentes qu’on a en jouant chacun d’un ou de plusieurs instruments différents.

Bob : On aime vraiment beaucoup le concept de composition spontanée et on essaye de garder une grande place pour le naturel dans nos chansons.

JNSPUF! : Vous échangez vos instruments parfois pour la composition ?

Kevin : On est échangistes hors scène, mais sur scène on évite quand même. (rires)

JNSPUF! : Comment est-ce que vous décririez votre musique ?

Gertjan : Une combinaison de beaucoup de choses.

Kevin : Personnellement, je vois ça comme un mélange entre les musiques des années 60 et 70 qu’on aime énormément mélangée avec des groupes de rock des années 90 comme Queens of the Stone Age.

Bob : Une grosse influence pour nous.

Gertjan : Mais on essaye assez rarement de composer autour d’un style précis.

JNSPUF! : Dans la chronique de votre album Life in Babalou, on vous avait comparé à Tame Impala pour la manière dont vous modernisez des influences assez anciennes. Est-ce que vous êtes d’accord avec cette idée ? C’était un but pour vous ?

Bob : On essaye pas vraiment de moderniser des vieilles choses, on aime juste s’abandonner à notre musique sans chercher à trop y réfléchir.

JNSPUF! : Est-ce qu’il existe une grosse scène néerlandaise pour le stoner et le rock ?

Bob : On vient tous de villes différentes, mais à Utrecht, la ville où l’on s’est rencontré, il y a une sorte de scène rock, mais elle reste assez confidentielle. Je dirais qu’il y a beaucoup plus de groupes visibles qui font de la pop et de l’electro.

Kevin : De la musique beaucoup plus consensuelle et confortable pour le public, en fait.

JNSPUF! : C’est difficile de trouver des endroits où jouer ?

Gertjan : C’est surtout que les Pays-Bas sont un petit pays et du coup c’est difficile de faire une grosse “tournée”, puisque toute les villes sont proches les unes des autres.

Kevin : C’est pour ça qu’on aime venir jouer en France, il y a tellement de choses à découvrir et de villes à visiter !

Bob : Lorsqu’on est venu jouer aux Transmusicales, c’était notre première fois en France, et ça nous a vraiment ouvert des portes pour revenir jouer, c’est cool !

Kevin : On a même sorti un album spécialement pour cette tournée et pour la France qui s’appelle “The Sound of Birth of Joy” et qui est une compilation des meilleurs titres de Make Things Happen et Life in Babalou.

JNSPUF! : Quelle est la question qu’on vous pose trop ?

Gertjan : On nous pose souvent beaucoup de questions sur les Doors, par rapport aux claviers qu’on utilise et à la voix de Kevin.

Kevin : Je sais pas si il y a des questions qu’on nous pose trop. Je pense que si les gens posent des questions, c’est une bonne chose. Ils sont curieux, c’est tout, et si on veut être des rockstars (rires), il faut bien qu’on apprécie toutes les questions. Même si on préfère les questions débiles ou les questions très profondes et philosophiques.

JNSPUF! : Et la question qu’on ne vous pose pas assez ?

Gertjan : Quelle taille font mes chaussures.

Kevin : J’ai cru que tu allais parler de la taille d’autre chose ! (rires)

(Le manager tape l’incruste et pose des questions sur la fréquence de masturbation du chanteur, normal.)

JNSPUF! : Quelles genre de questions philosophiques tu voudrais qu’on te pose ? Sur le sens de tes paroles par exemple ?

Kevin : Si la musique c’est un langage sans mots, je pense que le but principal des paroles ça doit être de traduire au mieux l’image que l’on se fait d’une chanson. De manière générale, je ne cherche jamais à écrire des paroles qui font sens immédiatement, ça ne m’intéresse pas. Je préfère écrire quelque chose et trouver un sens ensuite. Mais la plupart de nos paroles tournent autour des frustrations du quotidien et du besoin de s’en débarrasser. J’aime aussi beaucoup l’idée de me mettre à la place de quelqu’un et d’essayer de comprendre la manière dont les autres voient le monde.

JNSPUF! : Quelle image est-ce que vous vouliez donner pour votre single Devil’s Paradise par exemple ?

Gartje : On voulait un son très lent et très lourd, avec des sonorités très grave.

Kevin : Et sans que l’on ne sache pourquoi, Devil’s Paradise est sorti du lot comme ça.

JNSPUF! : C’est quoi le futur pour Birth of Joy maintenant ?

Bob : On donne des concerts pour que l’on puisse gagner de l’argent (rires).

Kevin : C’est un peu le but principal, soyons honnêtes.

Gartje : On veut aussi enregistrer un autre album et le sortir début 2014. On a déjà commencé à travailler des morceaux et on est plutôt satisfaits du résultat !

JNSPUF! : Le mot de la fin ?

Kevin : Merci les Français de nous faire jouer chez vous !