Être assis ou danser avec les punks à synthés ?

Vous avez vu cette affiche ? Personnellement, j’en ai rarement vu d’aussi efficaces : suggestive, agressive, froide et fun dans un sens. Notre ami Alexandre Cherkesly (Phenüm) l’a enfantée. Toute l’essence d’Être Assis ou Danser s’y trouve. La scène se passe un jeudi soir, un copain m’appelle “- Lundi soir tu fais quoi ? – Je sais pas. – Viens au Grand Sommeil, des amis ont monté une association et organisent un concert de Frank Alpine !”, je me laisse tenter. De tours sur Youtube en headbang sur Spotify, je commence à comprendre deux choses : j’aime cette musique, et je me lance dans quelque chose qui m’est entièrement inconnu…

Ce beau lundi sous la pluie neigeuse se profile, je rejoins mon copain et l’aide rapidement à vendre des places. Je tombe nez à nez avec Frank Alpine et son musicien, Quinn : les garçons sont chouettes, me disent venir de Los Angeles (!) et faire ici leur première date en France et Europe. Ils sont comme des gosses et quelque part moi aussi, j’ai hâte au live. La cave du Grand Sommeil se remplit de tous les âges, de curieux et de puristes de cette musique à mi-chemin entre les synthés et le rythme, à cheval entre la coldwave et le punk. Toutes ces musiques qui, semblent réussir la symbiose de la qualité et de l’accessibilité (et oui, on ne dirait pas).

Frank Alpine et son collègue de live alignent des tubes tous plus étranges les uns que les autres, avec seulement deux synthés et deux boîtes à rythmes : je viens de tomber semi-amoureux des musiques synth-punk sans même m’en rendre compte, le concert est fini et je cours chez moi pour découvrir d’autres groupes du label Weird Records. Un deuxième suivra, Martial Canterel (New York) qu’il s’appelle. Cette fois-ci je me fais pas avoir : j’invite des amis et je viens un peu aider ledit Martial à brancher son impressionant attirail de scène (lors du repas, nous échangeons quelques mots sur les synthés et il me montre son studio et sa collection…). Boum bam, c’est un deuxième tir parfait. Une copine curieuse et emballée me glisse un léger “c’est un génie” ; je crois qu’Être Assis ou Danser a réussi à se faire une place dans le paysage rennais, et dans l’âme de ceux qui préfèrent le synthé au piano. Les murs chuchotent déjà que Gold Zebra ou Xeno & Oaklander seront de la fête, nos oreilles ont entendu.