Superets : interview rapport qualité/prix

Les voici les voilà, grands princes comme nous le sommes parfois. Après un passage remarqué et couronné aux Jeunes Charrues de Rennes, on s’est permis de s’échanger quelques mails avec les Superets. Coincés entre le périph’ parisien et le surf rock, ils ont répondu d’une voix à notre appel, en un peu plus de 160 caractères (ah la merveilleuse informatique). Ceci aurait dû se faire depuis longtemps, mais chacun a vaqué à ses occupations, chacune a pu twister et siroter des limonades. Voyons voir s’ils se sont ennuyés :

JNSPUF! : Bonsoir les Superets ! Ce nom, ça vous évoque quoi ? Vous êtes en admiration sur les petits supermarkets dans années folles ?

Salut jeune trans-genre. Si je devais tergiverser sur Superets il y en aurait pour longtemps. C’est qu’un nom, y’a pas de réelle signification. Dans les familles, on te donne parfois le nom de ton grand-père, le nom d’une personnalité ou alors juste un nom parce qu’il plait à tes vieux : Nous c’est la dernière option, on a donné un joli nom à notre petit. Mais t’as cette sonorité en “ètse” qui rappelle les groupes des années 60’s, le clin d’oeil à la consommation, le pop art, tout ça… Et aussi pourquoi pas un hommage involontaire aux Marketts, un groupe qui nous influence beaucoup.

JNSPUF! : Niveau qualité, comment naissent les morceaux des Superets ?

On écrit pas très vite déjà, parce que chez nous c’est le meilleur moyen d’avoir des morceaux bouche-trous, sans réelle empreinte. Même si il y a inévitablement des morceaux plus faibles que d’autres, ont met un point d’honneur à ce qu’ils aient une particularité.

On travaille beaucoup sur des riffs pour leur faire perdre les eaux, pour accoucher d’une chanson, mais il faut que ça soit naturel : jamais de césarienne chez nous, sinon c’est que ça n’est pas si bien. Evidemment, c’est une réflexion qui ne vaut que pour les chansons, pas pour les enfants…

JNSPUF! : C’est une réelle envie de sonner 60’s/80’s ? Ou ça vient naturellement comme ça ?

À partir du moment ou on sonne à la fois 60’s ou 80’s, c’est qu’on ne sonne ni l’un ni l’autre. Y’a des éléments piochés dans chacune de ces époques, c’est sur… Mais si on regarde les choses en face, à part les guitares, qu’est ce qui sonne vraiment sixties chez nous ? Même combat pour les 80’s, c’est surtout que nos synthétiseurs datent de cette décennie (et même avant). Après, on réutilise des codes de ces époques, c’est sur, c’est même gros comme un camion.

Aujourd’hui pour être moderne, je pense qu’il faut soit explorer l’électro comme Le Vasco, ou alors mélanger les époques comme Jagwar Ma, Django Django, La Femme, ou nous-même.

JNSPUF! : Est-ce vraiment important que le look suive ?

J’ai lu une interview des Wankin Noodles, ils disaient que le problème aujourd’hui c’est que les groupes sont plus occupés à soigner leur image qu’à soigner leur musique. Bah en tout cas si c’est vrai, on veut pas en être. Notre look, c’est enfiler deux trois fringues qu’on peut mettre nulle part histoire d’ajouter un peu de fun au show, ça attire visiblement l’oeil des gens puisqu’on nous en parle. Mais franchement, c’est comme à Mcdo, venez comme vous êtes.

JNSPUF! : On ressent quoi quand on apprend qu’on vient de gagner les Jeunes Charrues ?

Tout d’abord des picotements dans les mains puisqu’on applaudit. Puis on est content, on voit sa vie défiler, puis on a le tournis puisqu’on a bu pour fêter ça. Le lendemain on se sent un peu embrumé, voire même un petit mal de gueule, et puis on fait l’buzz sur Facebook.

JNSPUF! : Sinon vous, quel était le groupe que vous appréciez particulièrement ce soir là ?

On connaissait déjà les Way Of Life, pour avoir partagé la scène plusieurs fois à Rennes. Bah ils ont progressé mazette.

JNSPUF! : On devait se voir depuis quelques mois, vous avez fait quoi depuis ? Pas trop ennuyés ?

On a pas le temps de s’ennuyer. Même en tournée on s’ennuie pas, on se met Ruquier, on est bien, rock’n’roll. La je t’écris depuis le périph’ de Paris, même la je m’ennuie pas parce que je t’écris. Quand t’es un groupe qui commence un peu à faire parler de lui, t’as toujours un quelque chose à faire, si ce n’est pas répéter ou produire. On à même plus le temps de boire des bières ou de faire les poseurs. Dire qu’à la base, c’était juste pour les meufs…

JNSPUF! : Banco, on n’avait pas trouvé génial vos précédents lives, et là on vient de vous filer un 15/20 en concert. Il s’est passé quoi en quelques mois ? Répé H24 ?

Qu’est ce que tu veux que je te dise, on bosse, y’a pas de secret. De nos jours y’a tellement de groupes que si t’as pas l’énergie ET la technique, tu vas nulle part. Nous on avait que l’énergie et l’envie de faire mieux. Bah on a bossé. Ça commence par s’inscrire dans un camp en Russie, tu ressors de là, sur de toi, du coup on a plus peur de perdre le tempo… Par contre on ne parle pas russe pour autant.

JNSPUF! : Que peut-on espérer dans les mois à suivre ?

Qu’on grandisse, qu’on devienne une activité économique à nous seuls, qu’on crée des emplois et qu’on relance la consommation, qu’on puisse racheter la dette, qu’on accède à l’Élysée pour y faire voter des lois absurdes comme le port de chemises psyché obligatoire, la légalisation du LSD et le retrait de Génération Goldman chez les disquaires. Si ça te semble capilo-tracté, alors juste beaucoup de dates, un EP puis un disque, et Drucker un dimanche, quand on sera grands.

JNSPUF! : Filez-nous un morceau que vous adorez et qui vous sied bien, tant qu’à faire dites-nous pourquoi ! 

The Marketts – Out Of Limits

J’aurais pu en choisir mille autres, mais comme on en parlait plus haut… Je crois qu’avec Miserlou de Dick Dale ou Rumble de Link Wray, c’est le morceau qui nous à donné envie de faire de la surf-music. C’est une identité forte chez nous, peut être même un point de départ, et c’est surtout un gout qu’on partage avec d’autres groupes : Il y a un renouveau discret de la Surf-music, discret parce qu’il est évident, mais c’est un style méconnu.

JNSPUF! : Le truc le plus débile que vous ayez fait dans votre vie ou sur scène ensemble, c’était ?

Probablement se faire raser la moustache pour notre ingé-son samedi dernier, pendant le final du concert. Ou l’interview à cheval sur notre rendez-vous chez le coiffeur, ce qui avait entrainé une situation pour la moins cocasse. On traine pas mal d’histoires absurdes faut dire… Merci à toi Jim, et thanks Émilie pour le relais !

Crédits photos : Benoît Marquette d’Happy Soup.