Exotisme Glacial

Tout frais sortis de l’écoute du très bon album de Mount Kimbie (dont on a parlé ici), restons dans la même veine avec le nouvel effort de Gold Panda, Half Of Where You Live. Un album calme, abouti, cohérent qui réussit à rendre glacial l’exotisme, à transporter le Brésil en arctique. Toujours autant influencé par les sonorités orientales, Gold Panda a fait de Half Of Where You Live un carnet de voyage.

 

 Certains font des albums à écouter dans le noir, dans le métro, en soirée… Gold Panda a fait un album à écouter sur la route des vacances, en avion, pour partir très loin. Sans tomber dans la musique d’ambiance de type AirFrance au décollage ou reportage animalier sur les baleines à bosses, cet album apaise. Cette succession de morceaux – pas toujours évidents à distinguer les uns des autres, charme par sa délicatesse. Cette même délicatesse qui fait la brillante réussite du génial Four Tet: cet art d’égrener des notes cristallines, aquatiques, métalliques, dont la finesse touche tout autant qu’une voix.

Le Londonien quitte volontier son English House pour nous emmener un peu partout. Comme beaucoup avant lui, il se plait à emprunter des voies japonisantes. On a parlé de Four Tet, de l’autre côté de la manche (le notre!) on pense à AIR (My Father un Hong Kong 1961 vs Alone in Kyoto), plus récemment à Rone ou même au petit nouveau Fakear qui s’amuse à remixer les BO de Miyazaki. Si Gold Panda semble même s’aventurer vers le sud avec son single, on n’aura jamais vu un Brazil aussi glacial. Le côté exotique, on ira plutôt le chercher du côté du sorbet à la goyave… Half Of Where You Live est au final bien plus scandinave, immaculé, froid et précis. On s’attendrait presque à voir surgir au détour de ces rythmiques synthétiques et répétitives, la voix blanche de Thom Yorke, comme elle a déjà pu le faire sur les pistes plus sombres de Modeselektor.