Beauregard day 2, un rayon de lune dans la nuit.

Cette année JNSPUF! était présent en force et en nombre chez John Beauregard. Programmation de haut vol, météo au beau fixe, tout était réuni pour qu’on passe un sacré weekend. On vous raconte le festival avec trois articles, un par jour, nos coups de coeur, nos déceptions, tout y est !

Beauregard Jour 2

Le début du Day 2 ne nous faisait pas vraiment rêver sur le papier, entre Gablé (qui sont sûrement géniaux par moment mais qui nous laissent un peu de marbre), Oxmo Puccino (pas notre came) et Rover (mouais mouais). On a donc fini par arriver en retard, un peu fatigués de la veille mais prêts à en découdre pour la soirée.

Vers 18h on se retrouve devant les Maccabees qui confirment le bien que l’on pensait d’eux et de leur musique très, très anglaise. A défaut de convaincre l’assistance qui crame sous un soleil de plomb et baille un peu comme nous, on se délecte de leurs postures d’anglais propres sur eux, mystérieux, dégainant leur britpop indé. Chanteur charismatique, batteur fou furieux, avalanches de guitares saturées et mélodiques, et compos entraînantes. Rien à redire, on aime mais on les avait préféré dans une petite salle bondée suédoise où le public faisait un peu plus corps avec eux.

Jake Bugg se laisse lui savourer dans l’herbe. Musicien hors pair, incroyablement jeune, il nous joue sa musique idéale pour un roadmovie, ultra (trop?) référencée, ultra (trop?) revival, propre et simple, dans la lignée de Foxygen & co.

Troisième volet de ce début de soirée, les devenus-très-mainstream Lumineers et leur pop-folk américaine. Le public normand répond plutôt très positivement, surtout les jeunes bacheliers surexcités made in Virgin Radio. On avouera qu’on les trouve plutôt sympas, très souriants, c’est drôlement gentil. Le chanteur va même jusqu’à finir le concert au milieu de la foule, alors que son copain à l’accordéon grimpe sur les échafaudages de la régie : très bon-enfant.

La soirée commençait plus sérieusement avec Bloc Party – qu’on a l’impression d’avoir vu 100 fois cette année. Malheureusement c’est le live de trop pour eux comme pour nous… On sait depuis peu que le groupe se sépare une fois de plus à la fin de la tournée et ce concert était peut-être leur dernier en France. Le guitariste tire une tronche pas possible, Kele peine à motiver les troupes, d’ailleurs le batteur à déjà quitté le navire… À la place une batteuse appliquée mais qui manque un peu de folie, trop concentrée sur son jeu. Les nouvelles chansons sont toujours aussi pauvres (voir ici), mais heureusement les tubes fonctionnent, comme d’habitude. Malgré les pogos des premiers rangs, on a tout de même peine à y croire au-delà de Helicopter et Banquet

Jusqu’au concert de Bat for Lashes, on se disait donc que ce deuxième jour ne cassait pas des briques… Et puis pendant une heure, on a tout oublié, hypnotisés par une géniale prêtresse païenne à la voix de louve. Avec New Order, ce fut le meilleur concert de l’édition 2013. Tout est réuni, un public présent mais pas trop nombreux – que des fans, la nuit tombée, des musiciens parfaits, une chanteuse des plus charmantes, des chansons rendues épiques et grandiose live. Natasha Khan, si timide quand il s’agit de parler au public, est transformée dès que ses musiciens jouent leurs premières notes, elle danse, elle chante, elle nous envoûte parée de sa robe hippie bariolée. Les meilleurs titres des premiers albums mais surtout les chansons de l’excellent The Haunted Man prennent une nouvelle envergure dans ce live mystique et scotchant.

Les Smashing Pumpkins ont ensuite pris le relai pour un live énergique, qui laisse penser que les quarantenaires ont sans doute toujours 20 ans dans leur tête. C’était efficace quoiqu’un peu suranné, comme l’impression un peu douce-amère de voir les parents des groupes de pop punk californien type Sum 41 et Blink 182.

Miles Kane, c’était bien. On pensait que ça allait pas être bien, et en fait si.

Vitalic avait pour mission de conclure ce deuxième jour par un bon gros live techno avec des sonorités trance. Sans être vraiment convaincus par les sonorités utilisés (des claviers surcriards à la limite du kitsch), on a adoré l’ensemble varié et inventif du set. Les structures des morceaux sont intéressantes et très évolutives, la présence de musiciens lives toujours appréciables et le jeu de lumières du collectif 1024 Architecture vraiment superbe. Bonne conclusion.