Halo Halo : l’Angleterre glacée aux Philippines

Is it Shiny? ferait danser le cosmos tout entier. Halo Halo est une trouvaille totalement forfuite, faite au détour d’amis de confiance. Halo Halo, pour ceux qui – comme moi – pensent que la musique et la cuisine ont beaucoup à voir, est un dessert super appétissant originaire des Philippines. Des glaces colorées survolées d’amandes, un peu de lait concentré, des ignames ou même des haricots sucrés. Saupoudrez de jelly, de quelques fruits et de nata de coco : l’affaire est pliée. Ah, Halo Halo le groupe ? Nous avions failli nous confondre. L’équipe compte quelques professionnels de la bio mais je ne le suis pas, les Halo Halo sont trois et débarquent de Londres, voilà qui devrait suffire à égosiller vos papilles.

Des noms doublés, on en a vu défiler (pour le pire et pour le meilleur) et on se refusera à refaire l’historique. Le trio londonien (Jack, Rachel et Dr. G) ose troquer les guitares poussives d’un Django Django pour un banjo à l’exotisme bienvenu. Ils aiment à se trouver sinawi – un truc ultra coréen mais ils sont à mon avis, tout ce que des groupes comme Metronomy (ou Django Django) auraient pu être s’ils avaient eu le courage d’aller au bout de leurs idées : de la pop nouvelle !

Après deux menus EPs qui ne pesaient pas bien lourd, le premier opus véritable se montre enfin. Un fil conducteur traîne sur l’album tout entier, un air de blues à la Otis Taylor (ça c’est le coup du banjo, cherchez pas plus loin) résonne également. Les morceaux faibles et bateaux sont bien présents : Coming Home pourquoi pas, quasi insupportable tant elle dégouline d’absence. D’autres (tous) sont bien trouvés et composés à l’instrumentale, on sent surgir un vieux truc, une âme de guerrier pas si cool prête à tout dérouiller. Même si Djeddjehutyiuefankh ouvre de manière gentillette cet album, les idées et la lourdeur ne sont pas en reste. Ils sont un peu cramés et c’est bien là qu’est tout leur charme même si vous risquez d’y voir une variété de plus. Sunshine Kim mon dieu !

Leur label Upset the Rhythm ne s’y est pas trompé (ayant dans leurs rangs John Maus, Pheromoans, Dirty Beaches ou même Best Coast. À esquisser aux côtés de Crystal – cette perle nippone de pop nouvelle sortie de Sound Pellegrino, Halo Halo tape dans l’originalité et le sucré-salé. Moi je vais aller refuser de grandir devant des recettes fabuleuses tout en dégustant des lignes de basses bouillantes, mais avant tout en gardant l’espoir secret d’être lu par Jean-Louis Brossard et de les voir aux Trans 2013.