Baston, et générale !

Peut-être sommes-nous focus sur Bordeaux ces temps-ci, les virées à Lyon n’ayant pas aidé à nous porter sur les plus doux non plus il faut bien l’avouer. Bordeaux a ses garages grands ouvert alors que Rennes a parfois les siens grands fermés. Ce n’est plus que du passé, tant on retrouve dans la capitale d’Upper Brittany quelques menus qui restent succulents et fermes sous la dent. C’était il y a quelques mois Bantam Lyons (immense sensation à JNSPUF!), c’était également l’affaire des belliqueux Baston, dont nous n’avions pas parlé. Leur musique commence à avoir du coffre et se laisse résonner, notamment au festival Visions (offert par Les Disques Anonymes), homemade et mérité au possible. On y était pas, une grosse habitude de tout rater traîne un peu par ici.

Leur premier essai balance sur les puritains si l’on en croit son titre ruskov, mais on n’a pas comme credo de croire ici. Seul la texture compte, la densité de l’EP ou du presque-EP. Servis, et sur un grand plateau d’argent qui fleure la Bretagne virulente : Alamo décroche une droite de tous les diables et assoit d’entrée le meilleur titre de здесь Есть Пуритане. La pop ramassait quelque peu ces derniers temps, victime d’une lame de fond quasi invisible, mais là elle revit dans une vague garage totalement hallucinée. Une ambiance tour-du-monde virevolte sur la galette, du genre promotion de rhums de tous les pays pour un prix anodin, mais qui envoie une baffe en plein dans les yeux. Aïe. Honda faiblit parfois, mais Falkland (c’est pas des îles conquises mille fois en Atlantique ça ?) remet les pendules à l’heure. En avance sur pas mal de groupes, Baston impose sa patte même si tout ne semble pas marqué. Pittsburgh, et nous ne l’avons que trop écoutée, se pose, notes en rafale, voitures qui crament. Tempelhof navigue sur le second mini du groupe, nommé avec courage Greatest Hits, on vous laisse savourer et on s’en tient à notre ours déchiré. Comme on le disait avec J.C. Satàn lors d’une interview jamais publiée pour un magazine plus nul que nul : “finalement, on fait de la pop avec des sons dégueulasses”. L’apocalypse ? Peut-être pas non plus, mais il y a un départ de flamme.