Route du Rock Jour 1, Élue saveur de l’année

Cette année, peu de festivals ne nous avait autant alléchés que la Route du Rock. On y a retrouvé les pépites de l’année et des groupes cultes qu’il nous tardait de voir en live : JNSPUF! se devait d’être au rendez-vous. On vous raconte, jour par jour. Par souci de professionnalisme nous avons d’ailleurs décidé de chroniquer tous les concerts, y compris ceux qu’on a loupé (pour un tas de bonnes raisons).

Route du Rock Jour 1

Jacco Gardner

Une bien bonne façon de commencer le festival que ce concert du prodige pop Jacco Gardner. On prendra plaisir à le réécouter et on lui garde une place au chaud dans nos playlists de rentrée.

Iceage

Figurant dans le Top 2011 de Greenwood pour des raisons qui nous échappent, les Danois d’Iceage jouent une musique plutôt désagréable. On aime bien la noise, le rock abrasif et viscéral, et même le rock expérimental quand il est bien fait, mais là c’était vraiment du bruit.

Moon Duo

Groupe typique du renouveau garage rock et psyché en phase depuis 2008 (on vous en reparle demain), les Californiens ont fourni une bande-son idéale pour notre exploration du fantastique stand Labels & Fanzines du festival. Difficile pour eux de faire le poids en face d’autant de CDs chouettes, d’ouvrages théoriques intéressants, de revues en tout genre, de belles affiches sérigraphiées et de gens charmants essayant de vider (gentiment) nos comptes en banque.

Local Natives

Après les avoir croisé, pas une fois, ni deux fois, ni même trois fois, mais bien quatre fois sur scène, nous aurions pu être lassé des Local Natives. L’expérience nous aura appris que non. Si Beauregard et la Route du Rock veulent les reprogrammer tous les deux l’an prochain, pas de problème pour nous. (Si tu pensais que nous allions parler de leur musique à cet endroit précis, réfère toi à cette review datant d’il y a un mois, donc encore bien fraîche).

Nick Cave & The Bad Seeds

Culte & attendu comme le Messie, le charismatique Nick Cave et ses Bad Seeds ne nous a (toujours) pas convaincu. Notre méconnaissance du répertoire de l’Australien ne nous permet peut être pas de juger trop sévèrement, mais on s’est quand même sacrément fait chier. Il existerait  une théorie selon laquelle les festivaliers – se sentant obligés d’assister à ce prétendu point d’orgue du festival – n’auraient eu en réalité que l’apparence d’une foule captivée.

!!!

Ils ont bousculé les conventions relatives aux noms de groupes (les remercient : Pneu !, La Terre Tremble !!!, XXYYXX, ∆, ∂aimon, etc.), les bien nommés !!! refusent également l’hégémonie du pantalon sombre et serré, fort peu pratique pour se déhancher. Comprendre : sur scène, le chanteur danse en caleçon. Anecdotique ??? Certainement pas !!! Car c’est peut-être ça !!!, la retranscription exacte (érigée en concept de groupe) de ce sentiment de toute puissance qui habite celui danse seul, en sous-vêtements, devant sa glace. Différence de taille : ce comportement vaguement honteux est habituellement associé à une musique de mauvaise qualité. Hors, un concert de !!! mélange lui tous les bons côtés de la house (riffs de basse subsonique, essentiellement), du funk (batterie élastique et guitare qui chante), de la pop (refrains à reprendre en choeur), et de l’electro (les synthés fous qui rappelaient presque les grands maîtres de LCD Soundsystem). On est dès lors peu étonné d’apprendre que leur dernier album est né à partir d’un trip au LSD du chanteur autour d’une compilation faite de 15 titres club et house.

Electric Electric

On nous avait vanté l’inventivité et la radicalité du trio strasbourgeois. On a surtout vu la radicalité. Pourtant amateurs de math-rock, post-hardcore et autres trucs bruyants et complexes, la machine électrique ne nous a pas emporté. Ils dégagent certes une énergie impressionnante, mais on a attendu des ruptures de rythmes, en vain. A être à fond tout le temps, la dynamique s’épuise, et nous a épuisé.

Fuck Buttons

Malgré la peur légitime d’une destruction de nos tympans, nous avons bravé le froid et attendu 40 minutes avant le dernier concert du premier jour. Heureuse surprise, Fuck Buttons joue fort, très fort, mais les distorsions agressives finissent toujours par envelopper et emporter. Des chansons surpuissantes, un voyage cosmique, des boucles infinies et un set galactique livré par un duo hors-norme. Un concert qui renforce l’idée que Tarot Sport est définitivement l’album le plus abouti du duo, même si le récemment paru Slow Focus s’est révélé très marquant par son souci du détail.

Et bien sur vous pouvez retrouver tous les concerts en streaming sur Arte Live Web. C’est beau n’est-ce pas ?