Route du Rock Jour 2, Messe noire et mauvaise foi.

Cette année, peu de festivals ne nous avait autant alléchés que la Route du Rock. On y a retrouvé les pépites de l’année et des groupes cultes qu’il nous tardait de voir en live : JNSPUF! se devait d’être au rendez-vous. On vous raconte, jour par jour. Par souci de professionnalisme nous avons d’ailleurs décidé de chroniquer tous les concerts, y compris ceux qu’on a loupé (pour un tas de bonnes raisons).

Route du Rock Jour 2

Christophe Brault

Tête d’affiche de ce deuxième jour, c’est Christophe Brault qui se chargeait d’ouvrir le vendredi de la Route du Rock au théâtre Chateaubriand, un écrin à la hauteur de son savoir encyclopédique. Ce grand sage de la musique nous a fait découvrir l’univers foisonnant du garage rock à travers une conférence/one man show dont il a le secret. Car c’est aussi ça la Route du Rock, le choix entre des concerts sur la plage et une conférence en intérieur qui fait quand même salle comble (en même temps, il pleuvait). On y a exploré les méandres du mouvement garage depuis ses origines en 66-67  jusqu’à son récent retour depuis 2008, en passant par le revival à partir de 77 . Une scène d’ailleurs présente en force sur le festival cette année.

Et si toi aussi tu aimes Ty Segall et que tu n’étais pas né en 67, clique .

Jackson Scott

Si Deerhunter aime, ça doit être bien. Et après tout, que vaut notre avis à côté du leur ? Promis, on ne vous dit pas ça parce qu’on mangeait de la pastèque sur le camping à ce moment là.

Woods

Il serait peut être temps pour Woods de se remettre en question. Quand après tant d’années d’existence, 6 albums, un label et un festival, aucun membre de JNSPUF! n’a entendu parler de toi, on ne peut être tenus pour seuls responsables. Pour la peine, on a encore passé notre temps à la tente Labels & Fanzines. Ca leur apprendra.

Efterklang

Pop très créative, expérimentale sur le fond et accessible sur la forme, les compositions du sextet danois ont ravi nos oreilles amatrices de bricolage électronique (The Notwist) et de percussions a base de gamelles pour chien. Le set est emmené par leur leader Casper (non nous ne ferons pas de blagues pourries, on parle musique nous Madame), au charisme nordique évident, un héros déchu façon Matt Berninger (chanteur de The National). Qu’elle soit minimale, électronique ou symphonique, la pop d’Efterklang tombe toujours juste.

Allah-Las

Une illustration exacte de ce que Christophe Brault évoquais à 14h30 (le matin même donc) au sujet de la nouvelle scène garage/surf rock présente depuis 2008. Leur musique est définitivement référencée et plutôt agréable mais l’absence de titres vraiment marquants ne distinguent pas franchement Allah-Las de leurs contemporains.

Godspeed You ! Black Emperor

Au bout d’une heure et demie de concert de ces cinglés, on ne sais plus trop où on habite (la quechua rouge, a coté de la quechua verte, derrière la quechua bleue.). On a l’impression de n’avoir pas vu passer ces 3 chansons (incroyables) de près d’une demie heure chacune, on s’est alors rendu compte de l’ampleur du phénomène que nous avions sous les yeux. En cercle les uns en face des autres, Godspeed You! Black Emperor pratique la magie noire. Avec succès, leur musique enveloppe, bourdonne et captive l’auditeur au sens premier du terme, qui se retrouve alors prisonnier de distorsions infinies. Là où des groupes de post-rock comme Mogwai favorisent parfois les vagabondages de l’esprit, l’absence de paroles ne laisse ici la place pour rien d’autre que pour leur musique dense, sombre et intense. Fascinant.

Zombie Zombie

Nous étions curieux de voir le projet du batteur d’Herman Düne et d’Etienne Jaumet. Un poil déçus de s’apercevoir que leur musique défouloir se fait parfois anecdotique. L’ensemble est dansant mais outre les sons foufous qui sortent de la belle collection de synthés d’Etienne Jaumet, on ne gardera pas un souvenir impérissable de ce concert.

Bass Drum of Death

Version énervée et plus adolescente d’Allah-Las, Bass Drum of Death pratique le garage rock d’inspiration 60s avec une énergie communicative. Tout ce qu’on attend d’un groupe juvénile comme celui-ci, l’avenir décidera de leur sort.

TNGHT

Pourtant convaincus par leur prestation folle aux dernières Transmusicales, le duo en vogue TNGHT n’a pas réussi à renouveler la performance. Les avis recueillis pendant les 45 minutes de queue pour prendre une douche le lendemain nous auront appris qu’on peut tromper mille bretons une fois, mais qu’on trompe difficilement mille fois un breton, même soûl et sale.

Et si tu es frustré de ne pas avoir vu d’images qui bougent, tu peux toujours visionner pleins de concerts chouettes de la Route du Rock en streaming sur Arte Live Web, dont l’excellent concert d’Efterklang juste là.