Unlimited Freak Out : au club des Jizzmen

La scène garage bretonne compte quelques poulains, certains plus reconnus que d’autres et d’autres plus nuls que nuls. Après avoir fait un tour chez les Foves il y a de cela presque un an, on a décidé de parler des Unlimited Freak Out, aussi connus comme UFO. Ils écument les scènes de partout depuis quelques années et ont retournés quelques bars, leur mexican n’roll ayant fait des tâches à pas mal d’endroits. Get So Tired parle d’elle-même avec ses riffs lancinant note après notre et le léger potentiel tubesque à peine caché :

Ce qui tâche, c’est surtout un EP bien mené sobrement baptisé Jizzmen’s Club. Un nom qui résonne comme un appel au boycott du jazz et des messes païennes, tant le brûlot est vif et violent. Pour les avoir vus de nombreuses fois en concert, les UFO sont comme le vin français et sont loin d’être des rigolos derrière les instruments, particulièrement derrière cette belle Mustang US qui ferait pâlir un mort. Le point fort des UFO est qu’ils ne tombent précisément jamais dans tous les clichés que l’on voit du matin au soir dans ce genre absurde qu’est le rock : le contour n’est jamais poussé sur les guitares (la hantise de tout guitariste qui se respecte), le chant reste collégial et sauvage, la basse bounce ce qu’il faut, les guitares s’envolent et la batterie tient le navire.

Jizzmen’s Club en 5 morceau, c’est une pièce de théâtre d’horreur en autant d’actes, coincées entre Shaun’s Of The Dead et le plus vieux Morricone. Pas de baisse de régime à l’horizon, on a pas prévu d’arrêter de faire ronfler le moteur, la personnalité du combo est présente. Get Sot Tired est excellent et Won’t Let You Go continue sur la même rampe de lancement même s’il montre le groupe brestois sous un angle différent. Rivers of Memories est intéressante car elle dévoile encore une facette, sans rompre avec l’atmosphère du disque. Les guitares s’enguirlandent (ceux qui nous suivent savent à quel point on aime ça) et un jam où s’exprime tous les instruments débute. Le presque répit fut de courte durée puisque la tempête de l’EP, Pyscho-zombies débarque en trombe. On s’imagine coincé dans un Tex Avery pour adultes, poursuivi par des zombies complètement déglingos qui viendraient de bouffer les Fous du Volant. Les portes se ferment sur I Try, abandon d’une personne qui se passe de commentaire, la décision est prise, l’EP est fini, rideaux. Un petit Horrors des débuts parfois, quand ils jouaient encore.

Une suite ? On l’attend, fermement pour transformer l’essai. Après les maintes fois à la forêt de Sherwood, les Foves et UFO en tête à tête pour la 6ème volée du Binic en 2014 ?